Jean Jouzel contre-attaque

Le 08 mars 2010 par Valéry Laramée de Tanenberg
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Jouzel
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Peut-on dire n’importe quoi sur le climat ? Non, a répondu la Société météorologique de France (SMF). Jeudi 4 mars, en pleine polémique Allègre, la SMF a organisé au Palais de la découverte à Paris une conférence sur l’après-Copenhague. Le titre importait peu, seul l’exposé importait. Pendant plus d’une heure, le climatologue Jean Jouzel (1) s’est attaché à répondre, point par point, aux principaux arguments des «climato-sceptiques».

Peut-on dire n’importe quoi sur le climat ? Non, a répondu la Société météorologique de France (SMF). Jeudi 4 mars, en pleine polémique Allègre, la SMF a organisé au Palais de la découverte à Paris une conférence sur l’après-Copenhague. Le titre importait peu, seul l’exposé importait. Pendant plus d’une heure, le climatologue Jean Jouzel (1) s’est attaché à répondre, point par point, aux principaux arguments des «climato-sceptiques».

A commencer par l’impossibilité de démontrer l’existence d’un réchauffement climatique par la seule évolution de la température moyenne depuis un siècle et demi. Un argument valable, a-t-il répondu, à ceci près que le réchauffement ne se «voit» pas seulement dans l’irrépressible montée du mercure: «Toute une série de phénomènes sont convergents: la hausse des températures, bien sûr, mais aussi l’élévation du niveau de la mer, la réduction des surfaces enneigée en fin d’hiver. Sans compter la diminution des glaces du Groenland et de l’Antarctique de l’ouest.»

Températures toujours, Jean Jouzel est aussi revenu sur les évolutions - très légèrement- différentes présentées, ces derniers mois, par le Hadley Centre britannique et l’équipe américaine de James Hansen (Nasa). «La différence vient uniquement du fait que l’étude américaine intègre davantage de données en provenance des hautes latitudes. C’est parfaitement documenté.»

En revanche, l’origine anthropique des changements climatiques n’est pas un débat que Jean Jouzel souhaite clore. «Cette question est légitime. Et contrairement à ce qu’affirment les sceptiques, le Giec y a consacré une cinquantaine de pages dans son dernier rapport.» Toutes les pistes ont été explorées: activité solaire, volcanisme. Toutes les hypothèses ont fait l’objet de simulations informatiques. «Mais quels que soient les modèles utilisés, les forçages naturels ne suffisent pas à expliquer l’évolution du climat observée au XXe siècle.»

Que l’activité du soleil soit à l’origine du réchauffement reste pourtant l’un des arguments favoris de l’un des chefs de file des sceptiques français, Vincent Courtillot, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris. Une théorie qui ne tient pas la route, selon Jean Jouzel. «Si le soleil était responsable du réchauffement, il réchaufferait toute la colonne d’air (toutes les couches de l’atmosphère, ndlr), or seules les couches de basse altitude se réchauffent. De plus, l’activité solaire a été à son minimum lors des 10 dernières années.» Un comble alors que l’Organisation météorologique mondiale a rappelé, en décembre dernier, que la décennie 2000-2009 avait la plus chaude jamais observée depuis 1850.

Un peu sur la défensive au début, le climatologue a finit son exposé sur un mode offensif. «Lorsque l’on parle du climat futur, les sceptiques disparaissent. Il n’y a guère que Richard Lintzen (2) à passer sa vie à proposer des mécanismes de compensation. Or, pour fonctionner, ces mécanismes impliquent que nous ayons sous-estimé l’activité solaire d’un facteur 10 et que nous ayons surestimé d’un facteur 5 l’impact du CO2, ce qui est tout de même beaucoup.»

Rappelant que l’évolution du climat des 20 prochaines années était déjà écrite «à cause de l’inertie des phénomènes en jeu», différents scénarios sont encore possibles pour la fin du siècle: du modèle sobre en carbone qui ferait progresser, en moyenne, de 2°C la température (par rapport à l’ère pré-industrielle) à l’hypothèse «business as usual» qui ferait bondir le mercure du thermomètre de plus de 3°C (et de 6°C dans le sud-ouest de la France). Hélas, pour le moment, nous sommes plutôt partis pour suivre cette dernière piste. Pour le moment.

(1) Jean-Jacques Jouzel: climatologue, président de la Société météorologique de France (SMF), vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), ancien patron de l’Institut Pierre Simon Laplace (ISPL)
(2) climatologue du MIT, ancien membre du Giec


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