Jean-François Cirelli: «Ce n’est pas une fusion anti-Enel»

Le 03 mars 2006 par Valéry Laramée, pour Enerpresse
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Pour les présidents de Suez et de Gaz de France, la chose est entendue. Le projet de fusion «entre égaux» n’est pas une riposte à un projet «inconnu» émanant de l’Enel, mais le fruit d’un rapprochement initié par les deux groupes, il y a 3 mois. Au cours d’une rencontre avec la presse et le Paris de la Finance, ils ont tenté de montrer comment le futur leader européen et mondial de l’énergie et de l’environnement créera de la valeur et des emplois, et dégagera des synergies. Un programme séduisant, même si certaines pièces manquent encore au puzzle.

Après avoir laissé la primeur de l'annonce au Premier ministre et à son ministre de l'économie, les patrons de Suez et de Gaz de France ont présenté le 28 février, devant une foule de journalistes et de consultants européens, leur vision du projet. Très attendue, la conférence a été lancée par un Gérard Mestrallet, tout sourire, heureux de présenter «un grand projet industriel européen qui donnera naissance à un leader mondial de l'énergie et de l'environnement.» Un monstre dont les grandes masses sont déjà connues.

Une fois porté sur les fonds baptismaux, probablement dans les derniers jours de l'année (le temps de voter la loi, de publier ses décrets d'application, de recevoir les autorisations des autorités européenne, française et belge en charge de la concurrence, d'organiser les assemblées générales extraordinaires des deux entreprises et de consulter le personnel), le nouveau groupe emploiera plus de 213.000 personnes, aura un chiffre d'affaires de près de 64 milliards d'euros. Son EBITDA (Earning before interest tax depreciation and amortization) devrait dépasser les 10 milliards, soit 3 milliards de moins que celui annoncé le 23 février par EDF. Et sa capitalisation boursière tourner autour de 72,5 milliards d'euros.

Pour résumer, Suez-GDF sera le second énergéticien européen en termes de capitalisation boursière (derrière EDF), mais le premier en termes de chiffre d'affaires. «Nos collaborateurs vont avoir, grâce à ce projet, de nouvelles opportunités pour créer de la valeur et des emplois», s'enthousiasme Jean-François Cirelli. Aucune des deux entreprises n'a avancé de prévisions financières. Toutefois, précise le patron de GDF, avec une rationalisation du portefeuille d'actifs, une réduction des coûts dans le secteur gazier, des arbitrages dans le GNL, de nouvelles offres duales et la réduction du montant des achats, Suez-GDF devrait pouvoir réaliser environ 500 millions d'euros d'économie par an.

Réalisant 56% de son chiffre d'affaires en France et dans les pays du Benelux, le groupe sera le premier acheteur et fournisseur de gaz en Europe, le 5e électricien, le leader européen des services à l'énergie et du GNL. Sans oublier que les filiales françaises Eau (Lyonnaise des Eaux) et Déchets (Groupe Sita) bénéficient, en France, d'un quasi duopole avec leurs «concurrentes» issues du groupe Veolia Environnement. Ces deux dernières activités, a d'ailleurs précisé Gérard Mestrallet, «resteront dans le groupe.»

De l'avis des deux présidents, le projet de fusion n'est pas une idée opportuniste, née des événements des derniers jours. «Nous n'avons eu aucun contact avec l'Enel et je ne connais pas monsieur Conti (Fulvio Conti, l'administrateur délégué de l'Enel) », explique Gérard Mestrallet. «Avant d'avoir découvert, dans la presse, l'expression de son intérêt, nous étions déjà très avancés dans notre projet. Cela a conduit à l'accélérer, il faut le reconnaître», reprend le patron de Suez. «Nos discussions ont débuté il y a trois mois, complète son alter ego de Gaz de France. Ce n'est donc pas un projet contre l'Enel, mais un vrai projet porté par deux entreprises.» «Et si nous sommes attaqués, nous nous défendrons», prévient Gérard Mestrallet.




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