Jean-Baptiste de Vilmorin: mort d’un pionnier de l’écologie

Le 12 novembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le château familial où Jean-Baptiste de Vilmorin fit ses premières armes botaniques.
Le château familial où Jean-Baptiste de Vilmorin fit ses premières armes botaniques.
Archives familiales

 

Ce botaniste avait participé à la création du ministère de l’écologie.


C’est l’un des derniers pionniers de l’écologie que ses proches ont porté en terre aujourd’hui. Agé de 88 ans, Jean-Baptiste de Vilmorin s’est éteint la semaine passée dans sa propriété de Sisteron. Héritier d’une célèbre famille d’horticulteurs et de botanistes, le neveu de la dernière compagne d’André Malraux n’a cessé de défendre la nature.
L’Homme contre la nature
D’abord, en prenant soin de l’arboretum familial de Verrières-le-Buisson (Essonne), puis comme botaniste. Scientifique anticonformiste, l’auteur de l’une des flores les plus complètes de l’Hexagone voit sa vie bouleversée par l’exposition ‘l’Homme contre la nature4 en 1959.
Sylvain le Hérisson
Cette dénonciation des méfaits de la reconstruction le convainc d’utiliser les ressources du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) pour sensibiliser le grand public à la protection de ce qui deviendra l’environnement. Bombardé à la présidence de la Société nationale de la protection de la nature (SNPN, une société savante basée au Muséum), il y crée son bulletin (le Courrier de la nature), participe avec d’autres pionniers de l’écologie, tel Jean Carlier, à la campagne de création des premiers parcs nationaux.
Avec Poujade
Original: il crée la médaille du Muséum, dont il décerne le premier exemplaire à Walt Disney en personne. Dessinateur émérite, il esquisse les traits de Sylvain le Hérisson, future mascotte de la FFSPN, ancêtre de France Nature Environnement.
A la demande du président Pompidou, il phosphore avec d’autres (Serge Antoine) sur le contour de la mission du ministère de l’environnement, ce ministère de «l’impossible», dont Robert Poujade prendra le premier les rênes en 1971.
Pavillon bleu
Vilmorin rejoint le cabinet du ministre bourguignon. A son tableau de chasse: le classement en réserve nationale de la réserve de Camargue, le lancement du parc naturel régional des Cévennes, en 1973, et la création du concept des écomusées.
Les dizaines de millions d’estivants qui foulent chaque été les plages d’Europe lui doivent beaucoup. A la tête de la Fondation pour l'éducation à l'environnement en Europe (FEEE), il lance, en 1981, un vaste programme de reconquête de la propreté des plages. Son arme: un drapeau bleu que ne peuvent hisser que les cités marines ou lacustres dont les eaux sont certifiées vierges (ou presque) de pollutions.
Réconciliation
Auteur d’une demi-douzaine de livres sur les arbres et d’une dizaine d’arboretums, Jean-Baptiste de Vilmorin fréquentaient parfois à contrecœur ses contemporains irrespectueux de la nature. Il s’était retiré dans son mas provençal il y a une dizaine d’années. «Le temps nécessaire pour se réconcilier avec Dieu», a rappelé le curé, lors de son inhumation.

 



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