Japon: les conséquences de la fermeture de Hamaoka

Le 10 mai 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Du jamais vu ! Pour la première fois, au Japon, un Premier ministre a demandé –et obtenu !- la fermeture d’une centrale nucléaire, volant la vedette à la désormais très contestée autorité de sûreté nippone, la Nisa.
 
Vendredi 6 mai, Naoto Kan avait demandé à l’électricien du centre de l’archipel, Chubu Electric, d’arrêter l’exploitation de la centrale de Hamaoka, réputée être l’une des plus dangereuses du monde. L’installation, qui comporte 5 réacteurs à eau bouillante (2 définitivement arrêtés, 1 en maintenance et 2 en activité), se situe sur deux failles sismiques.
 
De plus, selon une étude dévoilée en fin de semaine dernière par le gouvernement japonais, elle se situe sur un site particulièrement vulnérable aux… tsunamis. Les sismologues du ministère de l’éducation estiment à 87% le risque que la région de Tokaï subisse un tremblement de terre de magnitude 8 au cours des 30 prochaines années.
 
Après deux jours de réflexion, les dirigeants de l’électricien de Nagoya ont fini par annoncer, lundi, l’arrêt de l’unique centrale nucléaire du groupe, pour une durée indéterminée.
 
La perte de 3.473 mégawatts électriques de capacité installée ne semble pas menacer la sécurité de l’approvisionnement en électricité de la région centrale de l’archipel. En remettant en service des centrales thermiques mises sous cocon, le troisième électricien japonais affirme pouvoir disposer de 26.370 MW de capacité de production, soit une réserve de 770 MW pour affronter les pics de consommation estivale. En revanche, il lui sera plus difficile de fournir Tepco en électrons. La situation électrique de l’agglomération tokyoïte devrait donc se dégrader.
 
Faute de fioul lourd disponible sur le marché, «Chuden», comme on l’appelle familièrement au Japon, va procéder à d’importants achats de gaz. Des négociations sont d’ores et déjà en cours avec Qatargas pour l’acquisition d’importants tonnages de gaz naturel liquéfié (GNL).
 
Hasard du calendrier, Chubu vient également d’annoncer un important investissement dans un gisement de gaz de schiste en Colombie britannique. Selon les projections, le gisement de Cordova pourrait produire 3,5 millions de mètres cubes de GNL par an, dès 2014.
 
Au Royaume-Uni, la fermeture de Hamaoka provoque la consternation. La centrale japonaise était, en effet, l’un des très rares clients de l’usine de production de Mox de Sellafield. Un accord conclu, l’an passé, entre Chubu et la Nuclear Decommissioning Authority prévoit la livraison de combustible mixte (uranium-plutonium) à Hamaoka à la fin de la décennie. L’arrêt des 3 réacteurs en service pourrait mettre un terme à l’accord. Et peut-être à la pauvre vie industrielle du concurrent d’Areva ?
 
Conçue pour produire 120 tonnes de Mox par an, l’usine de Sellafield a, depuis son ouverture (il y a 13 ans!), livré 13 tonnes de combustible. Pour le contribuable britannique, le montant de la facture est élevé. L’éléphant blanc de Cumbrie a coûté 1,34 milliard de livres (1,53 milliard d’euros). Cher payé, le recyclage de 13 tonnes de combustible.


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