Janez Potocnik réclame l’avènement de la croissance verte

Le 04 avril 2013 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le commissaire européen à l'environnement plaide pour la convergence de l'environnement et de l'économie
Le commissaire européen à l'environnement plaide pour la convergence de l'environnement et de l'économie

De passage à Paris, le commissaire européen en charge de l’environnement, Janez Potocnik, a défendu, ce 4 avril, la nécessaire convergence de la politique environnementale avec la croissance économique, lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes de l’environnement (AJE).

«Il faut passer d’une situation de conflit à une approche d’intégration entre l’économie et l’environnement», a défendu le commissaire européen. «On doit sortir du schéma ancien qui consiste à développer des activités qui ont des effets néfastes sur l’environnement, réduisent la qualité de l’eau et de l’air, puis à réglementer ces activités dans un deuxième temps, pour aboutir au final à un conflit d’intérêts. Au contraire, il est nécessaire d’adopter une approche intégrée où l’impact sur l’environnement est envisagé dès la création d’une activité, ce qui favorise les démarches préventives plutôt que curatives et permet de réaliser des économies», plaide-t-il.

Il résume cette nouvelle approche sous l’appellation de «croissance verte», déjà réclamée au sommet de Rio avec les résultats qu’on connaît, mais qu’il juge indispensable au regard de l’épuisement des ressources planétaires. L’Union européenne n’a toujours pas pris cette direction puisqu’elle s’avère chaque année un peu plus dépendante des ressources naturelles. Elle en consomme environ 15 tonnes par habitant et par an, et en importe 3 tonnes, ce qui la place au 1er rang mondial. «Notre économie reste basée sur la compétitivité du travail alors qu’elle doit désormais se baser sur la compétitivité des ressources», estime Janez Potocnik.

Avant sa rencontre avec la ministre de l’écologie Delphine Batho, Janez Potocnik a aussi fait le point sur quelques-unes des 14 procédures d’infraction ouvertes à l’encontre de la France, et qui placent l’Hexagone en 7ème position dans l’UE des pays ne respectant pas la législation.

Une lettre a ainsi été envoyée à la France pour ses dépassements des seuils autorisés de particules fines PM10. Selon Janez Potocnik, une nouvelle stratégie de contrôle a été lancée par la Commission, qui regarde désormais les niveaux de cette pollution atmosphérique mais aussi les mesures prises par l’Etat pour améliorer la qualité de l’air.

Sur la question des nitrates, le commissaire a rappelé que deux procédures étaient en cours à l’encontre de la France (au sujet de la délimitation des zones vulnérables et de l’élaboration des programmes d’action locaux) et que la Cour de justice de l’Union européenne avait été saisie. «Dans certains cas, l’arrêt de la Cour permet de clarifier certaines mesures européennes auprès d’un Etat sur le plan juridique», estime le commissaire slovène.

Enfin, en matière de déchets, le commissaire européen rappelle que la priorité doit être donnée à la prévention et à la réutilisation, avant même le recyclage, selon la hiérarchie établie par la directive-cadre de 2008. «Notre objectif est d’atteindre le zéro enfouissement en 2020. Les déchets ne doivent pas être perçus comme des problèmes mais comme des opportunités. Et tout déchet recyclable qui est envoyé en décharge représente une aberration sur le plan économique», résume-t-il.

Chiffre à l’appui, il montre qu’ils participent pleinement à l’économie verte qu’il appelle de ses vœux. En effet, le respect de la totalité de la législation européenne sur les déchets permettrait de créer 50.000 emplois en France. La suppression de la mise en décharge et la limitation de la valorisation énergétique aux déchets non recyclables en créeraient 20.000 de plus.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus