Jakarta sous les eaux, le sud-est australien en feu

Le 03 janvier 2020 par Stéphanie Senet
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Des pluies torrentielles sur Jakarta depuis le 31 décembre
Des pluies torrentielles sur Jakarta depuis le 31 décembre

L’année 2020 débute sous le signe des catastrophes climatiques en Indonésie et en Australie.

43 morts. C’est le résultat, sans doute temporaire, des inondations et des glissements de terrain observés dans la capitale indonésienne et ses environs au 3 janvier. Les pluies torrentielles enregistrées à Jakarta depuis le 31 décembre représentent «l’un des évènements les plus extrêmes de précipitations depuis leur enregistrement en 1866», a affirmé ce 3 janvier l’agence météorologique, climatologique et géophysique (BMKG). Selon elle, les fortes pluies devraient durer jusqu’à la mi-février, avec un pic attendu du 11 au 15 janvier.

Le gouvernement a indiqué qu’il allait ensemencer les nuages situés à l’ouest de la capitale, en provoquant la pluie avec des produits chimiques vaporisés par des avions, pour réduire les précipitations au-dessus de Jakarta. Si les inondations sont courantes pendant la saison des pluies, qui débute fin novembre, «elles ont été particulièrement phénoménales en raison d’un niveau extrêmement élevé de précipitations», a déclaré Yayat Supriatna, un expert en urbanisme qui estime qu’un mauvais drainage et un trop grand développement urbanistique ont aggravé les problèmes d’infrastructures.

Environ 400.000  personnes ont aussi été évacuées de la mégapole, qui compte plus de 30 millions d’habitants. Des inondations meurtrières avaient déjà frappé la métropole indonésienne en 2007 et en 2013, causant des dizaines de décès. L’an dernier, le gouvernement a annoncé son intention de déplacer la capitale dans le Kalimantan oriental, à l’est de Bornéo.

 

Deux fois la Belgique

A 3.000 kilomètres de là, l’Australie continue de lutter contre les feux de forêt, et déplore déjà au moins 20 morts et des dizaines de disparus. 480 millions d’animaux[1] ont aussi été tués depuis le début des incendies, en septembre, dans le seul Etat de Nouvelle-Galles du Sud, selon l’université de Sidney.

Une surface équivalente à deux fois la Belgique a déjà brûlé dans le sud-est du pays, la région la plus peuplée de l’île. Les autorités ont donné l’ordre d’évacuer à environ 100.000 personnes, provoquant d’immenses bouchons sur les routes de Sidney et de Canberra. Dans les zones isolées, des avions militaires ont largué des vivres, provisions d’eau, téléphones satellitaires.

 

Lourd bilan 2019

Meurtrières, ces catastrophes climatiques sont aussi lourdes au plan économique. L’an dernier, sept évènements extrêmes ont, chacun, causé des dommages dépassant 10 milliards de dollars (8,9 Md€) selon un rapport de l’ONG britannique Christian Aid. Pour mémoire: les inondations dans le nord de l’Inde, le typhon Lekima et les inondations en Chine, l’ouragan Dorian en Amérique du Nord, les inondations dans le Midwest et le sud des Etats-Unis, le typhon Hagibis au Japon et les feux de forêt en Californie.

 

 

 



[1] Un chiffre qui comprend les mammifères, oiseaux et reptiles mais ni les insectes, ni les chauves-souris ni les grenouilles