Jadot: l’écologie, pour que «la France vive»

Le 11 janvier 2017 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Première candidature pour Yannick Jadot.
Première candidature pour Yannick Jadot.
MJ

Yannick Jadot a présenté un programme présidentiel qui fait la part belle au citoyen, à la relocalisation de l’économie et des richesses et à l’abandon des grands projets «dépassés».

La France vive. C’est par un slogan de campagne en forme de pied de nez à ses concurrents, unis dans «la défense du vieux monde et du statu quo», que Yannick Jadot a dévoilé, lors de ses vœux à la presse ce 11 janvier, les grandes lignes de son programme pour la campagne présidentielle. Quand tous se contenteraient de proclamer ‘Vive la France', le candidat écologiste entend proposer un programme «constructif et positif, bienveillant et exigeant, pragmatique et visionnaire».

Pendant que François Fillon continue de taire, en invoquant le secret commercial, le nom des clients qu’il a conseillés, Yannick Jadot propose de confier l’analyse de ses revenus des 5 dernières années à un consortium de journalistes. Une tâche qui devrait s’avérer «assez facile», concède-t-il dans un sourire, «mais c’est essentiel pour la crédibilité de la démocratie, car il y a trop de complaisance et d’argent caché.»

Les citoyens au cœur de la campagne

Par-delà les intemporels du socle programmatique du parti écologiste (élection à la proportionnelle, mandat unique, sortie du nucléaire, procréation médicalement assistée ouverte à toutes les femmes, etc.), l’ex de Greenpeace tente de faire entendre sa petite musique. Comme de distraire 1% des bénéfices de l’agroalimentaire, des promoteurs immobiliers et du secteur de la publicité pour financer des projets ‘citoyens’ d’alimentation de qualité relocalisée, des actions ‘citoyennes’ en matière d’urbanisme et des médias ‘citoyens’. Ou de favoriser «l’appropriation citoyenne locale de la transition énergétique», avec des projets de production d’énergie renouvelable par quartier ou commune rurale, dont les parts sociales seraient détenues en partie par les habitants. Si l’on savait déjà que l’Etat ne peut pas tout, Yannick Jadot, on l’aura compris, est convaincu que «le citoyen» peut beaucoup.

La guerre à l’obsolescence

Une fois à l’Elysée, le nouveau président écologiste espère faire voter à une haute assemblée ramenée à 400 membres et rajeunie (grâce à l’obligation de présenter 20% de candidats en position éligible de moins de 30 ans), un crédit d’impôt réparation, permettant de rembourser 50% des frais de main d’œuvre et une TVA modulée sur l’éco-conception, la réparabilité, la réutilisation et le recyclage d’un produit. Ou restaurer l’écotaxe. Ou instaurer un monopole d’Etat pour lutter contre le trafic de cannabis et financer des politiques de santé. Les fermes d’élevage industrielles, du type de celle des 1.000 vaches, seraient interdites et les propositions de réforme des abattoirs, portées par une d’enquête, entérinées. Un ‘Small Business Act’, visant à réserver 50% des marchés publics aux PME/PMI et aux start-up qui emploient localement, est à l’étude.

750.000 logements rénovés par an

La rénovation thermique concernerait 750.000 logements par an d’ici 2022 et la sortie du nucléaire serait pleinement achevée en 2035. Le schéma national des infrastructures de transport serait passé au crible, et le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le Lyon-Turin et le Grand Contournement Ouest de Strasbourg jetés à la poubelle. «La France ne doit plus être le musée des grands projets dépassés», affirme le candidat.

Benoît Hamon serait-il en train de lui tailler des croupières dans l’électorat écolo? «L’objectif, c’est que la société soit écologiste. Si des politiques s’inspirent de vos idées, c’est une bonne nouvelle!», feint-il de se féliciter, avant de déplorer que tant à droite qu’à gauche, les candidats ne partagent aucun socle commun. A l’inverse des écologistes.

Zéro pesticide en 2030

Ses adversaires, dont l’offre écologique n’est pas prodigieuse, lui offrent ses plus grands morceaux de bravoure. «Quand je [les] écoute, j’ai l’impression d’être dans une tournée de Stars 80, car ils parlent toujours des mêmes choses depuis 30 ans, et jamais d’environnement.» Et de les étriller en règle, comme sur la pollution de l’air. «L’inaction des politiques sur ses causes structurelles est criminelle. Le comportement des entreprises automobiles pour éviter ou retarder les réglementations est criminel. Celles et ceux qui n’abordent pas ce problème [dans la campagne] ont des comportements criminels», scande-t-il, rappelant les 130 morts par jour dues en France à la pollution atmosphérique. Et de s’étonner: «Comment se fait-il que le pays de la bonne bouffe soit aujourd’hui devenu celui de l’alimentation suspecte?». Remèdes: du bio pour tous dans les cantines scolaires et l’interdiction des pesticides, glyphosate en tête, à l’horizon 2030 (et -50% à la fin du mandat). «La jeune génération a le droit de ne pas être une génération cobaye, voire pire, condamnée», plaide-t-il, au sujet du dossier des perturbateurs endocriniens.

Déficit de notoriété

Il a beau proclamer qu’il veut «aller à la rencontre des cœurs et des esprits», Yannick Jadot part avec un deux handicaps: un budget de campagne plutôt chétif (1,1 million d'euros) et une faible notoriété. Coincé entre deux primaires, fort d’un bilan honorable au Parlement européen -lequel bilan n’a toutefois pas franchi les Vosges-, ses passages répétés dans les grands médias du pays ne semblent pas changer grand-chose. Même la collecte des 500 signatures, qui n’est «pas un sujet facile» admet-il, donne des sueurs froides à un parti qui a toujours réussi à les obtenir depuis 1974. «Je lance un appel aux maires qui sont sensibles au maintien des services publics, grâce à la relocation de l’économie, pour qu’ils me soutiennent.» Car l’essence du projet présidentiel des écologistes réside là: proposer une économie relocalisée. Pour que la France vive.

 

 

 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus