Ivoire: le massacre des éléphants continue

Le 08 novembre 2016 par Marine Jobert
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Les éléphants d'Afrique, victimes d'un braconnage fort lucratif.
Les éléphants d'Afrique, victimes d'un braconnage fort lucratif.

Plus de 90% de l'ivoire saisi par les autorités provient de pachydermes abattus il y a moins de trois ans, et non de stocks liquidés par des Etats corrompus. Une découverte qui laisse songeur quant à l’efficacité de la lutte anti-braconnage.

Ce n’est pas de l’ivoire distrait de stocks anciens, écoulés par des gouvernements corrompus, qui circule sur les marchés mondiaux, mais bel et bien des défenses récemment coupées. Tel est l’inquiétant enseignement d’une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas), dans laquelle les auteurs se sont attachés à dater de l’ivoire saisi entre 2002 et 2014. A une exception près, tous les animaux étaient morts dans les trois ans précédant la saisie, ont constaté les scientifiques, qui ont eu recours à une datation au carbone 14.

-30% en moins de 10 ans

Cette étude «montre que l'ivoire circule rapidement, explique Kevin Uno, un géochimiste de l'Université Columbia à New York, un des co-auteurs. Cela a d'énormes implications pour nos estimations du nombre d'éléphants tués par des braconniers.» Selon les plus récents comptages, les pachydermes de la savane africaine ont perdu près d’un tiers de leurs effectifs entre 2007 et 2014.

Assécher le marché

«Il s’agit d’une étude très importante, qui démontre que l’ivoire des éléphants part presque directement du lieu où l’animal est braconné jusqu’au marché où il est vendu, explique Elizabeth Bennett, biologiste de la vie sauvage et vice-présidente pour la conservation des espèces à l'ONG Wildlife Conservation Society. Cela montre que si nous arrivons à arrêter le braconnage, nous pouvons assécher ce déferlement d’ivoire hors d’Afrique.»

Défenses plus petites

Autres enseignements de l’étude: la taille des défenses a tendance à se réduire, quand le laps de temps entre l'abattage des éléphants et la saisie de leurs défenses par les autorités a tendance à augmenter, passant de deux à trois ans depuis 2011 (contre 8 à 10 mois auparavant). «Il reste moins d’animaux, les braconniers mettent donc plus de temps à remplir les conteneurs», estime George Wittemyer, biologiste à l’Université du Colorado à Fort Collins. Cet expert du sujet note que l’ivoire provenant des éléphants d’Afrique de l’Est circule plus vite que celui qui vient de l’ouest du continent, «peut-être parce que [ces derniers] grandissent moins vite ou sont plus difficiles à trouver.» La preuve par la Tanzanie, où l’on ne compte plus que 15.000 pachydermes en 2014, contre 45.000 en 2009 (-66% en 5 ans). A l'heure actuelle, il resterait quelque 350.000 éléphants, répartis dans 18 pays de l'Afrique sub-saharienne.

 

 

 



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