Iter: les parlementaires inquiets des dépassements budgétaires

Le 17 mai 2011 par Geneviève De Lacour
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Iter, produira de l'énergie par fusion nucléaire comme le soleil
Iter, produira de l'énergie par fusion nucléaire comme le soleil

Depuis lundi 16 mai, une délégation de parlementaires européens est à Cadarache (Bouches-du-Rhône) sur le site d’Iter. En mission jusqu’au 18 mai, les 14 députés européens sont venus chercher des informations complémentaires sur la rallonge budgétaire demandée par le projet Iter.

Le budget pourra-t-il être contenu? Michèle Rivasi, députée européenne (Europe Ecologie-Les verts) a quelques doutes à ce propos. «Lorsqu’Iter a demandé à l’Europe une rallonge budgétaire de 1,3 milliard d’euros pour l’année 2012-2013, ça a tiqué

Il faut dire qu’en 2001, le coût du projet de recherche -qui a pour but de faire de la fusion thermonucléaire une source d'énergie illimitée- avait été estimé à 5,7 milliards €. En 2011, il est passé à 16 milliards. L’Union européenne qui finance directement 45% du projet souhaite savoir à quoi est imputé ce surcoût.
 
«Pour la France, la dépense représentera plus que l’ensemble des crédits (hors salaires) dont disposent tous les laboratoires de physique et de biologie pendant 20 ans!», rappelait le Nobel de physique Georges Charpak, dans une tribune publiée par Libération, en juillet dernier.
 
L'eurodéputé (MoDem) Jean-Luc Bennahmias avait déclaré le 15 mai à l’AFP que «pas un euro de plus» ne devait être consacré à Iter, qui selon lui «doit aujourd'hui faire avec les moyens à sa disposition».
 
Lors d’entretiens avec les responsables d'Iter, mais aussi des experts du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et aux énergies alternatives, les députés ont pu obtenir quelques réponses mais «beaucoup trop imprécises» au goût de Michèle Rivasi.
Le surcoût serait donc dû à l’inflation, mais surtout à l’augmentation du coût des matières premières comme le béton ou l’acier. Et aussi au fait que «la conception même du réacteur n’avait pas été finalisée en 2001», précise un représentant d’Iter. Et celui-ci de rajouter: «Il y aura encore un petit supplément de 300 millions € pour les années suivantes, mais cela devra être intégré au 8e programme-cadre de l’Union européenne, qui est en discussion à Bruxelles».
 
Outre l’Union européenne, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis, partenaires du projet, contribuent en nature en apportant les différents éléments du réacteur. «Il existe un véritable problème de gouvernance. Chaque pays veut avoir la mainmise sur la technologie Iter et donc chaque partie du réacteur est réalisée en collaboration entre les 7 partenaires», précise Michèle Rivasi. «Il est évident que des problèmes vont émerger au moment de l’agencement des différentes parties. » Et combien cela va-t-il coûter? «Il n’y a jamais eu de véritable évaluation technique du projet», répond la députée.
 
Interrogé par le JDLE, Michel Claessens, responsable de la communication d’Iter, estime que «toute augmentation ultérieure devra être financée par des économies sur le projet». «Il s’agit d’un projet géopolitique international de partage des connaissances. Un projet éducatif et de recherche», complète-il.
 
Demain, les députés en déplacement commenceront la rédaction d’un rapport qui sera transmis au Conseil, en juillet, puis au Parlement qui devra se pencher sur la question en octobre.
 
A l’heure actuelle, l’enquête publique n’a toujours pas été réalisée. Elle est prévue entre le 15 juin et le 31 juillet. Pourtant, les travaux ont déjà débuté au niveau du bâtiment des assemblages (coût: 35 millions €) ainsi que du bâtiment qui abritera les scientifiques (55 millions €). Enfin, les premiers coups de pelleteuses ont été donnés pour les fondations du réacteur nucléaire expérimental, dont le coût est estimé entre 1 et 4 milliards €.
 
Les opposants au projet ont profité de cette visite pour manifester lundi 16 mai à Aix-en-Provence: environ 300 personnes selon les organisateurs, une centaine selon la police, se sont retrouvées pour une «mobilisation citoyenne». Des membres de la délégation européenne ont rencontré les manifestants. «Le projet Iter a encore une petite chance d'être abandonné ou revu à la baisse», affirme le collectif «Stop Iter», évoquant «une expérience démesurée (...) scientifiquement infondée, économiquement ruineuse, écologiquement catastrophique».
 
Michèle Rivasi, quant à elle, se déclare favorable à une mise en «stand by» du projet. «Attendons, pour continuer, de disposer de moyens technique suffisants, et d’en savoir un peu plus sur les matériaux à utiliser pour la fabrication du réacteur


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