Italie: une usine polluante mise sous séquestre

Le 01 août 2012 par Geneviève De Lacour
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L'aciérie Ilva de Tarente, vue de la mer
L'aciérie Ilva de Tarente, vue de la mer

La semaine dernière, les ouvriers de l'usine sidérurgique de Tarente, dans les Pouilles (Italie du Sud), ont engagé une grève illimitée après la mise sous séquestre d'une partie de leur entreprise. La société Ilva est en effet soupçonnée d’avoir provoqué un désastre environnemental dans cette ville portuaire.??

L'usine Ilva appartient au géant Riva Acciaio, troisième producteur européen d’acier. Il emploie 24.000 personnes dont 11.500 en Italie, et son chiffre d'affaires en 2011 était de 9,5 milliards d'euros. A Tarente, l’usine emploie environ 5.000 ouvriers travaillant sur les installations mises sous séquestre la semaine dernière par les magistrats. Dans le cadre de cette enquête pour désastre environnemental, 8 dirigeants d'Ilva ont été assignés à résidence.

Depuis longtemps les associations de défense de l’environnement critiquaient la gestion environnementale désastreuse du site. Il faut dire que des experts ont conclu que l'émission continue, par l'usine, de produits chimiques dans l'atmosphère était à l'origine de phénomènes de dégénérescence dans la population, pouvant causer la mort.??

Une étude de la revue Epimiologica e Prevenzione datée de 2011 montre en effet que la région de Tarente est touchée par un excès de mortalité compris entre 10 et 15%, en raison notamment d'un rejet très important de dioxine.??

Face à la mise sous séquestre, les syndicats ont demandé au président de la République Giorgio Napolitano d'intervenir, tandis que les ouvriers, inquiets pour leur avenir, ont bloqué les routes menant au centre de Tarente.??

Ils sont en effet partagés entre la peur de contracter une maladie grave et la crainte de perdre leur emploi. «C'est le chômage ou le cancer, ou peut-être les deux en même temps», résume l'un d'eux, cité par la presse italienne. «Il est juste que l'Ilva soit assainie, mais il est juste aussi que le site continue son activité. Il n'y a pas d'avenir sans cette usine», déclare un autre employé.
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L'association de défense de l'environnement «Tarente respire» a, en revanche, salué un tournant historique pour la ville en jugeant que la magistrature est intervenue là où la politique a échoué.

Inquiet pour l'emploi, le ministre de l'environnement Corrado Clini est parvenu à un accord avec les collectivités locales en vue de débloquer 336 M€ pour assainir le site. Il a aussi assuré le 26 juillet dernier qu'il demanderait un réexamen urgent de cette décision judiciaire.??

Le conseil des ministres s'est de nouveau penché sur le dossier vendredi dernier 27 juillet, sans toutefois décider de nouvelles mesures.

Dans l’attente de la décision du tribunal des réexamens, qui devra confirmer le 3 août l'ordonnance du magistrat, la grève des ouvriers a été suspendue. Toutefois, les syndicats ont déposé un préavis de grève générale pour le 2 août et prévu des débrayages de deux heures chaque jour.?



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