Isséane, un projet concerté

Le 26 mai 2005 par Christine Sévillano
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A Issy-les-Moulineaux, la construction de la nouvelle usine d'incinération de déchets ménagers semble miser sur la concertation.

La construction a débuté l'an dernier et pourtant le projet d'usine d'incinération des ordures ménagères (UIOM) Isséane à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) est toujours l'objet de débats entre les élus, les habitants et le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de la région parisienne (Syctom), maître d'ouvrage du site. La mairie d'Issy a en effet engagé des démarches de suivi environnemental de la construction. Elle a notamment signé une charte de qualité avec le Syctom dans laquelle elle lui a demandé notamment d'évacuer ses déchets de chantier par la Seine et non par camion ou de ne pas trop nuire à la circulation.

«Pour André Santini, maire d'Issy et vice-président du Syctom, c'était une condition sine qua non pour qu'une nouvelle usine soit construite et surtout qu'elle marque un réel progrès par rapport à l'ancienne usine qui devrait fermer ses portes le 28 décembre 2005», explique Olivier Haumant, directeur général adjoint de la ville d'Issy. Ainsi l'élu a demandé qu'aucune cheminée ne soit visible et que le site se fonde dans le paysage urbain avec un bâtiment ne dépassant pas 21 mètres de hauteur. Isséane sera donc un site enterré à 31 mètres de profondeur. Le maire a aussi exigé que les rejets de dioxines soient inférieurs aux limites imposées par la nouvelle réglementation (1). Autre condition: que la capacité de l'usine actuelle soit inchangée. La ville d'Issy prend en charge 540.000 tonnes de déchets par an contre 460.000 tonnes pour le prochain site auxquelles il faut ajouter 55.000 tonnes en centre de tri. Même les modalités de la déconstruction de l'ancienne usine ont été évoquées dans cette charte.

Le texte comprend aussi neuf indicateurs de surveillance: impact visuel, propreté, gestion de l'eau, circulation, stationnement des véhicules, gestion des déchets, vibrations et bruit, poussières et odeurs. Leur application est vérifiée tous les trimestres par un comité de suivi comprenant des membres de la municipalité, du Syctom et de la communauté d'agglomération Arc de Seine, qui a des compétences en environnement depuis 2004. Le Syctom dispose de capteurs de mesures du bruit et des polluants installés sur le chantier. «Nous réfléchissons également à ce que nous pouvons améliorer, et l'aide des sentinelles, des riverains habitant ou travaillant dans le quartier, nous avons des renseignements complémentaires de ceux donnés par le Syctom», explique Maria Spendel, directrice environnement et transports à la communauté d'agglomération Arc de Seine.

Ce réseau de sentinelles a permis d'associer, dès 2003, les habitants au projet et de calmer leurs craintes, liées aux différents incidents dus à des usines d'incinération, comme celui de Gilly-sur-Isère (Savoie). «Les sentinelles ont pour rôle d'informer et de témoigner de ce qu'ils vivent au quotidien à proximité du chantier en termes de nuisances sonores, pollutions, fumée, odeurs ou tremblements du sol», poursuit Olivier Haumant. Et le concept fonctionne: les sentinelles ont par exemple alerté les autorités locales pour deux dépôts sauvages de déchets de chantier aux abords de la construction qui ne sont pas liés à la construction d'Isséane. Le comité de suivi a alors poussé le Syctom à faire des efforts d'aménagement pour empêcher ce type de dépôt. Les roues des camions doivent être lavées à la sortie du chantier. «Les sentinelles ont évolué et sont devenues des spécialistes. Elles demandent désormais des détails plus précis sur l'origine des matériaux, le planning, l'élimination des déchets et l'évacuation des terres excavées», affirme Maria Spendel.

La force des collectivités locales réside dans leur communication. Entre site internet précis, exposition permanente avec accueil du public, visites du site et réunions, la population reste informée de l'évolution de la construction, et du fonctionnement de l'ancienne ou de la nouvelle usine. Il est déjà prévu que l'ancien site devienne une zone d'activité, après l'ouverture d'Isséane prévue en juillet 2007, avec 24.000 mètres carrés de bureaux et des logements.



(1) Toutes les UIOM devront, à partir du 28 décembre 2005, émettre moins de 0,1 nanogrammes de dioxines par Normal mètres cube (Nm3) de fumées émises.




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