Israël autorisé à piocher dans les carrières palestiniennes

Le 04 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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S’agit-il de la fin du gel de l’exploitation des matières premières dans les territoires occupés? C’est ce qui semble se profiler depuis que la cour suprême israélienne a rejeté une pétition d’une association de défense des droits de l’homme s’opposant à l’exploitation par des compagnies israéliennes de mines et de carrières situées en Cisjordanie.

L’association Yesh Din a adressé une pétition contre l’Etat d’Israël et les 10 compagnies qui opèrent en Cisjordanie. Elle réclame la fin de toute exploitation minière et s’oppose à toute nouvelle autorisation. Elle accuse Israël d’enfreindre le droit international en exploitant les carrières palestiniennes. Une activité économique illégale, selon elle, puisqu’elle vise à exploiter les ressources naturelles d’un territoire occupé pour le bénéfice unique de l’occupant.

La cour suprême, qui a rendu son jugement la semaine dernière, a estimé qu’en raison d’une occupation prolongée, «le développement économique d’un territoire occupé ne pouvait être gelé indéfiniment». Ajoutant que les carrières n’allaient pas détruire les ressources naturelles de la Cisjordanie et que les entreprises permettraient d’employer des Palestiniens.

Les carrières existantes sont donc légalement autorisées à poursuivre leurs activités mais aucune nouvelle ne sera autorisée à s’implanter, toujours selon la justice israélienne. Ce point de vue reflète celui du gouvernement israélien actuel.

L’association estime quant à elle que ce jugement ouvre la porte à tous les excès de l’occupation israélienne, notamment en matière d’exploitation des ressources en eau, sujet très disputé dans une région qui souffre régulièrement de pénurie d’eau, ou bien en matière d’appropriation de vestiges archéologiques.

Selon Michael Sfard, juriste de Yesh Din, «exploiter les ressources naturelles d’un territoire occupé au bénéfice de l’occupant est un pillage. Et le raisonnement de la cour suprême selon lequel une occupation longue doit être traitée différemment ne permet pas de légaliser une activité économique qui affecte les Palestiniens».

Le jugement est «dangereux» pour Yesh Din, puisqu’il se base sur la supposition qu’une longue occupation permet à Israël d’adapter les lois internationales: «Il autorise ainsi le vol des territoires occupées puisque qu’Israël occupe maintenant la Cisjordanie depuis plus de 44 ans!».

D’après un rapport des autorités palestiniennes sur le coût économique de l’occupation israélienne, publié en septembre dernier, la valeur potentielle de l’exploitation du sous-sol palestinien est estimée à 900 millions de dollars par an (environ 700 millions d’euros).

Yesh Din, citant un document du ministère israélien de l’intérieur datant de 2008, rappelle que la plupart des mines et des carrières de la zone C de la Cisjordanie (soit environ 60% des territoires sous contrôle militaire israélien) appartiennent à des sociétés israéliennes. Et les trois quarts de la production sont écoulés en Israël.


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