Isère: un transformateur pollueur

Le 15 avril 2005 par Christine Sévillano
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Dans un petit village de l'Isère, les habitants sont inquiétés par la pollution d'un sol au pyralène suite à la manipulation hasardeuse d'un transformateur. La préfecture a exigé des travaux de dépollution au propriétaire du bâtiment en réfection auquel était rattaché l'équipement.

Une mauvaise manipulation a entraîné une pollution des sols à Creys-Mépieu (nord de l'Isère). En septembre 2004, lors de la rénovation d'un bâtiment hôtelier en logement, une entreprise de construction a démonté et transporté un transformateur électrique contenant du pyralène, et l'a fait tomber: la substance a pénétré dans le sol. Mais il a fallu que les voisins soient incommodés par des odeurs pour que l'alerte soit donnée. «Le pyralène n'a pas atteint la nappes phréatique, mais il s'est infiltré dans le sol», explique Alain Delhomelle, chef de groupe de la subdivision de l'Isère de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) Rhône-Alpes. La Drire n'est pas censée intervenir dans ce type de situation, mais dans le cas de Creys-Mépieu, les autorités ont sollicité son expertise sur la dépollution de ce sol. «Nous avons préconisé l'excavation puis l'évacuation du sol concerné vers un centre de traitement», poursuit Alain Delhomelle. Ce sont 200 tonnes de terre qui ont été incinérées.

Une nouvelle analyse du sol a révélé que la pollution n'avait pas été entièrement supprimée. «En fait, l'entreprise qui a réalisé l'excavation a opéré sur les terres dont le contact avec le pyralène était évident. Mais tout n'est pas visible de prime abord», affirme Alain Delhomelle. Le prestataire est aussi confronté à des difficultés techniques: le bâtiment est tout prêt créant des risques de fragilisation de ses fondations. Un nouvel arrêté préfectoral a été récemment signé demandant l'éradication totale de la pollution, soit une autre excavation. Le texte demande aussi que l'attention soit portée sur la migration possible de la pollution vers le milieu naturel. Des forages doivent notamment être effectués en aval pour contrôler la qualité de l'eau.

Le pyralène, connu pour avoir provoqué une pollution à Seveso (Italie) dans les années 70, est une marque commerciale pour les polychlorobiphényles (PCB). Il est dangereux quand il brûle à de faibles températures car il émet des dioxines. Cette huile, qui sert à évacuer la chaleur du transformateur, pose une fois dans l'eau des problèmes de bioaccumulation de la chaîne alimentaire. «Il s'agit d'un accident stupide. Il aurait suffi que le transformateur soit chargé aussitôt dans une benne étanche et envoyée dans un centre de destruction», conclut Alain Delhomelle. Les transformateurs fabriqués aujourd'hui ne contiennent plus de PCB, mais il reste encore beaucoup d'anciens modèles en fonctionnement ou oubliés sur des sites. Le décret du 18 janvier 2001 impose un plan d'élimination de ces appareils pour le 31 décembre 2010.




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