Isabelle Autissier: «Ne pas décevoir l’attente» de la Conférence environnementale

Le 27 septembre 2012
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Créer des emplois durables.
Créer des emplois durables.

Quel bilan tirez-vous de la Conférence environnementale?

Nous avons apprécié les discours de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault. C’est aussi une bonne chose que le processus annoncé prévoit une réunion de bilan annuelle. Rien à voir avec le Grenelle pour lequel, passées les réunions de concertation, l’Etat et l’administration ont récupéré le tout sans la moindre transparence. Cependant, certains sujets, comme les relations santé-environnement, ont été mal traitées durant ces deux journées. Quoi qu’il en soit, la balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

Le WWF organise aujourd’hui et demain 27 et 28 septembre un colloque sur la relance écologique de l’économie européenne. Qu’est-ce qu’une relance écologique?

C’est l’exact contraire de ce que la Commission européenne et les Etats essaient de faire. Pour l’instant, tous recherchent les conditions d’une croissance économique hypothétique. C’est une façon de faire qui a peut-être fonctionné il y a quelques décennies, -mais qui a fait long feu. De plus, cette démarche ne prenait pas en compte les enjeux sociaux ni environnementaux. Il est temps de s’atteler à autre chose.

Avec trois millions de chômeurs en métropole, la priorité semble aller à la création d’emplois.

J’en suis d’accord, mais créons des emplois durables, des emplois d’avenir. Créons des emplois qui aient la sobriété énergétique au cœur et qui ne contribuent pas à gaspiller nos matières premières.

Quelles pistes comptez-vous explorer durant ce Green Forum 2012?

La première des choses que nous dirons, c’est que la protection de l’environnement n’est pas réservée aux riches. La précarité énergétique, c’est aussi bien une question sociale qu’environnementale. Nous voulons aussi réorienter la finance afin qu’elle se concentre sur des thématiques durables. Rappeler également que l’industrie agro-alimentaire, telle qu’elle existe, ne profite qu’à quelques agriculteurs et appauvrit les sols et la biodiversité.

Nombre de ces sujets doivent être traités au niveau européen…

Bien sûr, mais ce n’est pas parce que ces sujets ne peuvent être réformés qu’au niveau européen que l’on ne doit pas se poser la question de leur réforme et du financement de ces changements. A ce propos, les propositions sont nombreuses: nouveaux outils fiscaux, encouragement des entreprises, taxe carbone. On peut aussi et surtout réorienter les fonds qui sont actuellement consacrés au financement des infrastructures de transport routier, à l’agriculture (la PAC représente 40% du budget européen) ou à l’exploitation de combustibles fossiles. A cela, il faut ajouter, pour la France, la chasse aux niches fiscales défavorables à l’environnement. Ce qui permettrait de récupérer ou de réorienter plusieurs milliards d’euros par an.

Cette vision est partagée par les ONG environnementales. Mais l’est-elle aussi par les autres «parties prenantes»?

Nos soutiens sont, il est vrai, assez éclatés. Nombre de parlementaires et d’entrepreneurs partagent ces points de vue. Mais il reste encore au sein de la majorité présidentielle des partisans d’un certain productivisme. Cela étant, je crois que la société civile, les citoyens, sont prêts à cette relance écologique. L’un des points positifs du Grenelle Environnement est d’avoir créé un choc psychologique dans la société. La Conférence environnementale a de nouveau déclenché un frémissement. Il ne faut pas décevoir cette attente.



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