Irrigation: les organismes locaux jouent les conseilleurs

Le 03 mars 2005 par Christine Sévillano
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Pour les agriculteurs, gérer les ressources en eau commence dès la phase d'équipement d'irrigation des cultures. Un syndicat en Haute-Garonne propose du conseil afin de bien le choisir, une forme d'aide encore peu développée en France. Il donne aussi des informations hebdomadaires pour mieux irriguer les cultures.

A l'occasion du colloque "eau et agriculture" du Salon international du machinisme agricole, Jean-Marc Deumier d'Arvalis-l'institut du végétal a présenté le rôle de conseil joué par le syndicat d'irrigation et de drainage de la Haute-Garonne auprès des agriculteurs dans le choix des équipements d'irrigation. Il rappelle notamment que les coûts liés à l'irrigation sont élevés, puisqu'ils représentent 20 à 25% du coût de production des principales cultures irriguées, sachant que les situations sont très diverses selon les bassins.

Jean-Marc Deumier souligne l'importance de son rôle, les aménagements hydrauliques imposant des choix stratégiques et tactiques pour plusieurs années, et à repenser chaque année. Les agriculteurs doivent en effet réfléchir à l'accès de la ressource, à la dimension et au choix des équipements, à la main d'oeuvre nécessaire et au type des cultures irriguées. Outre la prise en compte du climat de la région, ils doivent également faire un calendrier prévisionnel d'irrigation et tenir compte chaque année des contraintes économiques: le prix probable des produits, les montants des aides compensatoires et le coût de l'eau. Ils ne doivent pas pour autant négliger les aspects hydrauliques et plus particulièrement l'état de la ressource en eau.

Créé au début des années 1980, le syndicat de conseil de Haute-Garonne gère 80% du marché départemental, sachant qu'il compte plus de 1.500 irrigants de "grandes cultures" et 51.000 hectares irrigués, soit 15% de la surface agricole utile. Les principales cultures irriguées sont le maïs à 66% et le soja avec 14%. Deux techniciens de la Chambre d'agriculture et de l'Association départementale de vulgarisation agricole (Adva) sont chargés d'examiner le projet d'équipement soumis par l'agriculteur et de vérifier la cohérence entre l'assolement prévisionnel, le dimensionnement du projet technique, le choix du matériel, et le financement du projet. Un appel d'offres est ensuite réalisé permettant à l'irrigant de bénéficier de prix intéressants.

Le rôle du syndicat ne s'arrête pas à cette phase d'équipement, il intervient pour une bonne maîtrise des prélèvements d'eau. Il envoie ainsi chaque semaine des avertissements d'irrigation à plus de 1.000 irrigants sur l'observation et le suivi de 20 parcelles de références, et sur les relevés météorologiques de 10 stations Météo-France. Ces documents se présentent comme un cadre général de conduite des irrigations, puisqu'ils comprennent un rappel sur la consommation d'eau par les cultures sur la semaine, des conseils sur les bonnes pratiques à tenir, l'actualité des ressources en eau et des détails sur les données climatiques des parcelles de référence. Deux outils de pilotage sont même proposés aux agriculteurs: Bhyp permet de suivre le bilan hydrique de ses propres îlots d'irrigation et Irrinov donne notamment des indications sur les stades repères de la croissance de la plante et des mesures sur le niveau d'arrosage à effectuer.

"Le conseil pour le pilotage de l'irrigation et les opérations d'amélioration des performances des matériels sont encouragés financièrement par l'Agence de l'eau Adour-Garonne et par le Conseil régional de Midi-Pyrénées", affirme Jean-Marc Deumier. Etant donné la stabilité des surfaces irriguées, le syndicat est plutôt dans des optiques de renouvellement d'équipements. En France, l'aide au choix du bon équipement est encore peu développé, alors que les informations sur l'état des ressources en eau et l'irrigation sont données dans la quasi-totalité des départements. "Il faut dire qu'aujourd'hui les actions de conseil sur les choix d'assolements et de stratégie d'irrigation reviennent dans le débat en raison de la réforme de la Politique agricole commune (PAC)", conclut l'expert d'Arvalis.




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