Irrigation : FNE milite pour la gestion collective

Le 11 octobre 2010 par Célia Fontaine
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« Les attaques en règle contre la loi sur l’eau de 2006 se multiplient », s’inquiète France Nature environnement dans un communiqué du 8 octobre. Le secteur de l’agriculture devrait davantage se soucier de la ressource et accepter les contraintes environnementales qui visent sa préservation, estime la fédération.

L’agriculture est l'activité qui consomme la majorité de l'eau disponible, surtout en période estivale, « et met à sec des dizaines de milliers de kilomètres de rivières, comme en Poitou-Charentes », selon FNE. La facture totale de l’agriculture productiviste est déjà très élevée pour les contribuables : coût de traitement de l’eau potable qu’il faut débarrasser des nitrates et des pesticides, coût de ramassage des algues vertes en Bretagne, ou encore coûts liés aux écosystèmes dégradés...

Raisons pour lesquelles les chambres d’agriculture (réunies au sein de l’Apca) ne devraient pas, considère l’association environnementaliste, refuser une gestion collective de la ressource en eau, comme le laisse entendre leur délibération du 21 septembre 2010 votée à l’unanimité.

La gestion par arrêtés « sécheresse », privilégiée par l’Apca, a été critiquée par le Conseil d’Etat, puis la Cour des comptes. Selon le rapport « L’eau et son droit » du Conseil d’Etat de juin 2010, « en cas de sécheresse, alors qu’il faudrait limiter les prélèvements dans les cours d’eau et les nappes, les irrigants accroissent les surfaces irriguées et les agriculteurs font tourner à plein régime et sans aucun contrôle leurs équipements privés, accroissant les difficultés collectives ». Les arrêtés Sécheresse des préfets, qui limitent les prélèvements sur un rythme hebdomadaire, sont facilement contournés grâce à cette technique.

Pour sortir de l’ornière, le Conseil d’Etat préconise de privilégier la gestion collective et la conforter, par exemple « en interdisant les forages individuels lorsqu’un réseau collectif dessert une zone, ou en subordonnant autorisation et aide à la participation à une gestion collective ».

Selon FNE, la gestion collective et planifiée par volumes prélevables est un bon outil, qui permettrait à la France de bénéficier de financements européens. Il serait donc dommage de s’en priver. Par ailleurs, si le secteur agricole s’obstine à mettre en œuvre des pratiques non durables, la France risque des pénalités financières de la part de l’Europe pour non-respect de la directive-cadre sur l’eau.

« Si les Français peuvent comprendre qu’il faut aider le secteur financièrement, ils ne sont certainement pas prêts à payer aussi cher pour des pratiques qui posent autant de problèmes aux niveaux environnemental et sanitaire. D’autant que des pratiques alternatives existent», déclare Jean Claude Bévillard, responsable des politiques agricoles à FNE.



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