Irlande: du cheval dans des steaks hachés

Le 23 janvier 2013 par Romain Loury
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Oh Shocking !
Oh Shocking !

Les agences irlandaise et britannique chargées de la sécurité des aliments ont diligenté une enquête suite à la présence de viande de cheval et de porc dans des steaks hachés.

C’est l’agence irlandaise, la Food Standards Agence of Ireland (FSAI), qui a lancé l’alerte le 15 janvier, suite à une opération de contrôle dans plusieurs supermarchés: sur les 27 échantillons de viande de bœuf testés, 37% contenaient de l’ADN de cheval, 85% de l’ADN de porc.

Dans le viseur de la FSAI, deux producteurs irlandais (Liffey Meats, Silvercrest Foods) et un britannique (Dalepak Hambleton), dont les produits se sont retrouvés dans les rayons de 5 grandes chaînes de supermarchés: Tesco, Dunnes Stores, Lidl, Aldi et Iceland.

De quoi heurter les sensibilités de nos voisins d’outre-Manche, où le cheval est considéré comme un animal domestique qu’il est de bon ton de ne pas consommer. Quant au porc, il fait l’objet d’un tabou absolu chez les musulmans et les juifs; or seuls deux de ces produits mentionnaient sur leur étiquette la présence éventuelle de porc.

Le plus souvent, la viande de porc n’était présente qu’à l’état de traces. Ce que la FSAI explique par une contamination non intentionnelle: «La présence de cet ADN pourrait être due au fait que les producteurs en question prennent en charge ces espèces différentes [bœuf et porc] dans les mêmes centres», explique-t-elle dans un communiqué.

A priori plus mystérieuse, la présence de viande de cheval n’était aussi retrouvée le plus souvent que sous forme de traces. Selon de premiers résultats, ceux d’une enquête menée par le groupe ABP -qui possède les trois usines en question-, ces traces proviendraient d’un additif à base de protéines de bœuf, ajouté à la viande pour en accroître la teneur. Pays d’origine: l’Espagne ou les Pays-Bas, ABP préférant pour l’instant ne pas dévoiler le nom du fournisseur.

Le mystère n’est pas pour autant dissipé: l’un des 27 produits testés, prélevé chez Tesco, contenait 29% de viande de cheval, alors qu’aucun des autres ne dépassait 0,3%! Ce qui, dans ce cas précis, tendrait à exclure l’hypothèse d’additifs contaminés: «La cause de ce problème est probablement différente», admet sobrement la FSA britannique, qui a lancé sa propre enquête sur ces produits également vendus au Royaume-Uni.

Si l’ensemble des supermarchés concernés ont retiré ces produits de leurs rayons, l’affaire pose plus un problème de traçabilité que de sécurité des aliments, assurent les agences britannique et irlandaise. Seul risque éventuel selon elles, une contamination par la phénylbutazone, médicament utilisé chez le cheval, interdit dans la chaîne alimentaire: aucune trace n’en a été relevée, affirment la FSA et la FSAI.



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