Iode et alimentation

Le 16 mars 2005 par Ludivine Hamy
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L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient de publier une étude sur l’évaluation de l’impact nutritionnel de composés iodés dans les produits agroalimentaires. L'enrichissement en iode du pain, des biscottes et des viennoiseries y est recommandé.

La réduction de la déficience en iode constitue l'un des 100 objectifs de la loi relative à la politique de santé publique, dont l'un des buts est de réduire de 20% la fréquence de la déficience en iode dans la population française au terme de la période 2004-2008 (1). Or, en raison de l'évolution des modes de consommation (développement de la restauration collective et hors foyer, part croissante des produits transformés), le sel de la «salière domestique» n'est plus le principal vecteur du sel iodé. Parallèlement, les multiples campagnes de prévention du risque d'hypertension artérielle ont entraîné une diminution considérable des quantités de sel consommé. Un impact que les industriels de l'agroalimentaire ont fortement ressenti. Ainsi, selon l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), les ventes de sel alimentaire en petits conditionnements, qui correspondent aux achats des ménages, ont diminué de 9 % sur cinq ans, et les ventes de sel à l'industrie alimentaire ont également diminué, bien que la tendance soit moins linéaire. L'Ania souligne aussi «l'écrasement» du taux de pénétration du sel iodé, avec 47 % en 2003 contre 58 % en 1999.

Aujourd'hui, la France occupe une position intermédiaire entre les pays d'Europe du Nord où les apports en iode sont satisfaisants, et ceux d'Europe du Sud où l'on constate une déficience modérée, à la limite de la carence résiduelle dans certaines régions d'Italie ou d'Espagne. L'Afssa estime qu'«il existe (en France) un risque important pour les populations exposées de ne pouvoir répondre à toute situation physiologique correspondant à une augmentation des besoins en iode (croissance, puberté, grossesse, allaitement).» Depuis plusieurs années, l'Ania réclame de pouvoir utiliser du sel iodé dans les produits transformés, comme cela se fait dans divers pays européens (Belgique, Luxembourg, Allemagne…). Selon les industriels de l'agro-alimentaire, «cette mesure, dans le contexte d'une diminution de la consommation en sel des Français, permettrait de couvrir de manière plus optimale les besoins nutritionnels en iode de la population générale, et réduirait la discrimination dont les professionnels français de l'agroalimentaire font l'objet lors de leurs exportations.»

Dans son étude, l'Afssa considère que l'utilisation systématique de sel iodé dans les produits alimentaires transformés «exposerait la population à des risques de dépassements importants des limites supérieures de sécurité pour l'iode et serait potentiellement dangereuse pour la population, même à de faibles taux d'enrichissement.» Toutefois, afin de répondre aux besoins de la population, elle préconise l'enrichissement en iode du pain, des biscottes et des viennoiseries. Le groupe de travail de l'Afssa estime en effet qu'un enrichissement à 20 µg d'iode par 100 g de la totalité du pain, des biscottes et des viennoiseries permettrait de diminuer en moyenne d'environ 50% le risque d'inadéquation des apports en iode chez les adultes, et réduirait à moins de 5% la prévalence des apports alimentaires en iode inférieurs au besoin de base. Dans cette perspective, l'Afssa propose que cet enrichissement se fasse sur une base volontaire, afin de garantir aux consommateurs la liberté d'accéder à des produits non enrichis en iode (2).

(1) J.O.n° 185 du 11/08/2004

(2) tels que pains au levain, pains spéciaux, pains biologiques ou pains de tradition française





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