Intoxication d’écoliers girondins: deux viticulteurs relaxés

Le 02 mai 2019 par Romain Loury
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Deux viticulteurs impliqués
Deux viticulteurs impliqués
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Deux exploitations viticoles de Villeneuve-de-Blaye (Gironde), mis en cause dans l’intoxication d’écoliers et de leur institutrice en mai 2014, ont été relaxées par le tribunal correctionnel de Libourne. Les parties civiles, à savoir les associations Sepanso et Générations futures, ont fait appel.

Le 5 mai 2014, 23 élèves d’une école primaire de Villeneuve-de-Blaye (environ 400 habitants, Gironde) avaient été victimes d'irritations oculaires, de maux de gorge et de maux de tête, alors que leur institutrice avait dû être hospitalisée.

Deux exploitants accusés: un conventionnel, un bio

En cause: l’épandage de fongicides sur des vignes riveraines, opération dont une enquête administrative avait révélé les «conditions inappropriées, sans qu'aient été prises toutes les précautions pour le voisinage». En cause, un vent dépassant le seuil permis pour les épandages (force 3 sur l’échelle de Beaufort, soit 19 km/h), et l’absence de dispositif anti-dérive.

Après enquête de la Draaf[i] d’Aquitaine, il s’est avéré que deux exploitants avaient traité ce jour-là à proximité de l’école, l’un en conventionnel (Château Castel La Rose), l’autre en bio (Château Escalette). Ce qui, au-delà du mode de culture, souligne la question de la sécurité des riverains de parcelles agricoles.

Une procédure à rebonds

Après un classement sans suite, le parquet s’est décidé, en décembre 2015, à ouvrir une information judiciaire contre X pour ‘utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques’, suite à une plainte déposée par la Fédération des sociétés pour l'étude, la protection et l'aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso), tandis que Générations futures se portait partie civile.

Mis en examen en octobre 2016, les deux accusés ont bénéficié en septembre 2017 d’un non-lieu du TGI de Libourne. Saisie par les deux associations, la cour d’appel de Bordeaux a renvoyé l’affaire devant le tribunal correctionnel. Mardi 30 avril, celui-ci a relaxé les deux accusés, au bénéfice du doute, le lien entre l’utilisation des pesticides et les symptômes observés n’étant selon lui pas clairement établi.

Contactée par le JDLE, Monique de Marco, administratrice de la Sepanso, dit «ne pas avoir douté de la décision qui serait prise: les parents [des écoliers touchés] n’ont pas témoigné. On est dans un petit village, et la propriétaire de ce château n’est autre que la maire de la commune. De plus, il existe une vraie omerta sur la question des pesticides dans le Blayais, et plus largement en Gironde». Quant à la force du vent, elle n’a pas été retenue, au motif que les agriculteurs ne disposaient pas d’anémomètre à proximité. Les associations ont décidé de faire appel.



[i] Draaf: direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt

 



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