Interrogations sur la sécurité des petits barrages français

Le 11 juillet 2008 par Agnès Ginestet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Le député Christian Kert estime que les grands barrages présentent peu de risques en comparaison des nombreux petits barrages et digues présents sur le territoire français. Il appelle les conseils généraux à aider financièrement les collectivités à sécuriser les ouvrages dont elles ont la charge.

Ils sont utilisés pour produire de l’électricité, alimenter une population en eau potable, irriguer des terres agricoles, ou même destinés aux loisirs aquatiques. Des barrages, la France en compte 744 de plus de 10 mètres de haut, mais il en existe des milliers de moindre hauteur. Ainsi, le député UMP Christian Kert a réalisé un rapport sur l’amélioration de la sécurité des barrages et ouvrages hydrauliques, adopté par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) le 2 juillet, qu’il juge «rassurant» car «les grands barrages ne sont pas dans l’état de délabrement qu’on aurait pu penser» et sont globalement «bien contrôlés».

Le document souligne plutôt le manque de prise en compte du risque présenté parfois par les petits ouvrages, en particulier pour les campings installés à proximité et en aval dans les années 1970 ou 1980. «A une certaine époque, on a laissé faire n’importe quoi», regrette-t-il.

En application d’un décret de décembre 2007 (1), un recensement du nombre et de l’état des petits barrages est actuellement réalisé, qui devrait être achevé d’ici la fin de l’année et permettra de déterminer les priorités. Selon le député, environ 20% des petits barrages seraient à risque. Il souligne cependant le manque de moyens financiers dont disposent les communes ayant la charge de ce type d’ouvrages pour assurer des travaux de sécurisation, et propose que les conseils généraux les prennent en charge. Pour les ouvrages appartenant à des propriétaires ou associations privés, il précise que c’est l’autorité de contrôle qui, une fois le recensement effectué, devra demander la réalisation de travaux dans les 5 ans. Sinon, le préfet de département pourra les exiger ou prononcer la «mise en péril de l’ouvrage» et procéder à sa démolition.

Selon les observations de Christian Kert sur le terrain, les agents des Directions départementales de l’agriculture et de la forêt (Ddaf) chargés des contrôles des petits barrages étaient auparavant insuffisamment formés, mais des formations leur ont été proposées depuis deux ans et la préfiguration de la nouvelle Direction générale de prévention des risques du ministère chargé de l’environnement peut permettre de «créer une dynamique d’unité des moyens et des méthodes de contrôle et de surveillance».

S’il insiste sur les petits ouvrages, le rapport n’oublie pas pour autant d’évoquer les risques auxquels sont soumis l’ensemble des barrages, notamment ceux construits dans des zones sismiques, ou ceux qui souffrent de «maladie du béton». C’est le cas du barrage du Chambon (Isère) appartenant à EDF. «Peu de barrages EDF posent ce type de problème», note Christian Kert, tout en insistant sur le fait que des moyens financiers suffisants pour assurer une maintenance de qualité doivent être inclus dans le budget d’EDF pour éviter qu’il y ait un nouveau plan SuperHydro (2).

(1) Décret n° 2007-1735 du 11 décembre 2007 relatif à la sécurité des ouvrages hydrauliques et au comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques et modifiant le code de l'environnement, JORF n°0289 du 13 décembre 2007 page 20113, texte n° 3
(2) Sûreté Performance de l’Hydraulique, plan débuté en 2006 destiné à renforcer la sécurité des installations d’ici 2011




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus