Interpol va désormais traquer la pêche illégale

Le 26 février 2013 par Stéphanie Senet
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La pêche illégale désormais dans les mailles d'Interpol
La pêche illégale désormais dans les mailles d'Interpol

En plus de traquer le commerce illégal du bois, dans le cadre de son programme Leaf (1), Interpol va désormais enquêter sur les pratiques illicites dans le secteur de la pêche. L’organisation internationale a ainsi lancé, ce 26 février, son nouveau projet intitulé «Scale».

Touchant 20% des poissons capturés dans le monde, et même 40% en Afrique subsaharienne (voir JDLE), la pêche illégale s’est en effet généralisée. Elle représente des pertes économiques allant jusqu’à 18 milliards d’euros par an, selon une étude de référence publiée en 2009 dans la revue PLoS One. Destructrice des réserves halieutiques, elle menace aussi de nombreuses communautés de petits pêcheurs, surtout dans les pays en développement.

Interpol est déjà rompu à la complexité des pratiques illicites du commerce du bois, qui ressemble très fortement à celles de la pêche, comme l’a montré son rapport publié en septembre dernier -lequel en identifie une trentaine, liées à la déforestation (voir JDLE). En matière de pêche, il s’agit de l’absence d’autorisation ou de déclaration des captures, de l’utilisation d’engins de pêche interdits, ou encore de pêche au-delà des quotas autorisés, c’est-à-dire de surpêche. Certains pêcheurs vont même jusqu’à peindre un nouveau nom à leur bateau en pleine mer, de façon à ne pas être repérés par les autorités maritimes, précise Interpol.

Ce projet, qui vise à faire reconnaître la pêche illicite comme un crime international, permettra d’échanger avec les 190 pays membres d’Interpol des données précises sur les infractions, les moyens de surveillance, et l’application de la législation.

Celle-ci se heurte en effet à des obstacles majeurs, comme l’a montré l’affaire des langoustes sud-africaines. En août 2012, un tribunal américain a ainsi accordé des dommages-intérêts de 55 Md$ (42 Md€) au gouvernement sud-africain après avoir découvert que trois hommes avaient pêché illégalement des langoustes, au large des côtes sud-africaines, pendant des années. Il s’agissait du montant le plus élevé jamais accordé en application du Lacey Act, la loi de protection de la nature. Mais il aura fallu plus de 10 ans pour que la condamnation soit prononcée.

Le programme a été lancé ce 26 février lors de la première conférence internationale sur l’application des lois relatives à la pêche, organisée au secrétariat général d’Interpol, à Lyon. Il bénéficie du soutien de l’ONG Pew Charitable Trusts, du ministère norvégien des affaires étrangères et de l’agence norvégienne de coopération au développement.

(1)Law Enforcement Assistance for Forests



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