Internet, future sentinelle face aux maladies infectieuses?

Le 29 janvier 2014 par Romain Loury
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Les recherches sur Internet: un nouvel indicateur pour les scientifiques
Les recherches sur Internet: un nouvel indicateur pour les scientifiques

La surveillance des recherches sur internet permettrait de prédire des épidémies, quelquefois jusqu’à deux semaines avant le dispositif classique de veille sanitaire, estime des chercheurs australiens dans la revue Lancet Infectious Diseases.

Maux de tête, fièvre, nausées, etc.: autant de symptômes pour lesquels chacun d’entre nous a déjà cherché un diagnostic sur internet, par exemple via le moteur de recherche Google. Or dans le cas de certaines maladies infectieuses, cette démarche, a priori anodine, pourrait bien constituer l’avenir de la veille épidémiologique.

Dans leur article, Gabriel Milinovich, de la School of Population Health de Herston (Australie), et ses collègues résument le principe de cette surveillance digitale: «Les personnes qui contractent une maladie vont chercher de l’information sur internet au sujet de leurs symptômes; or l’incidence de cette maladie peut être estimée en analysant les changements de fréquence dans la recherche de ces termes».

A priori, ce système serait bien plus réactif que l’actuel, qui repose sur les seuls signalements effectués par les médecins auprès des autorités. Google Flu Trends, qui analyse les recherches de mots-clés liés à la grippe, émet ainsi des tendances épidémiologiques deux semaines avant le dispositif standard, et ce pour 29 pays à ce jour [1].

Début 2003, le Global Public Health Intelligence Network (GPHIN), un outil d’analyse digitale développé par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), a même fait mieux que deux semaines: il a perçu l’épidémie de Sras, dans le Sud-est asiatique, deux mois avant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’en parle pour la première fois!

«Détection précoce signifie alerte précoce: cela peut aider à réduire ou à contenir une épidémie, et aider les pouvoirs publics à faire face à la situation, notamment en s’assurant qu’une quantité suffisante de médicaments sera disponible», expliquent les auteurs de l’article dans un communiqué de la Queensland University of Technology.

Selon eux, il s’agit désormais d’élaborer un indicateur de maladies infectieuses en temps réel, reposant sur plusieurs supports internet (moteurs de recherche, agrégateurs de flux, réseaux sociaux comme Twitter et Facebook) et intégrant des facteurs écologiques comme le climat et la température.

Plus réactive, la surveillance digitale n’en recèle pas moins quelques défauts. Les recherches internet sur des maladies n’ont pas forcément trait à celles que l’on croit avoir, mais parfois à une simple curiosité du public. En 2005-2006, les Etats-Unis ont ainsi connu une forte hausse des recherches sur la grippe aviaire H5N1, qui ne sévissait alors qu’en Asie.

[1] Google a mis au point un système similaire pour la dengue, Google Dengue Trends.



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