Intermarché visé par les filets de la publicité mensongère

Le 31 mai 2012 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Intermarché réinvente la pêche
Intermarché réinvente la pêche

Une plainte pour publicité mensongère a été formulée contre le groupe de distribution par l’association Bloom, spécialisée dans la conservation marine. Jugée recevable par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), elle sera examinée demain 1er juin.

«Quand les Mousquetaires s’engagent pour une pêche responsable, ce n’est pas un coup d’épée dans l’eau», clamait fin 2011 la publicité incriminée.

Disposant de sa propre flotte de pêche (Scapêche), Intermarché se targue de respecter les ressources naturelles et de protéger la faune marine. Sur un site internet dédié, le groupe résume la «pêche responsable» (auditée par Véritas) à 4 engagements: responsabilité envers les ressources marines, préservation de l’environnement, respect des hommes et qualité du produit avec satisfaction du client. Pour l’association, il s’agit tout simplement de greenwashing et non de pratiques vertueuses.

Bloom a notamment ciblé deux poissons bénéficiant de la mention «pêche responsable». La lingue bleue et le sabre noir sont, selon elle, capturés en profondeur par des chaluts lourdement lestés, ce qui met en péril les écosystèmes et les organismes marins. Non sélective, la pêche au chalut profond sacrifie en moyenne 78 espèces lorsqu’elle en vise 3. «Un ratio écologiquement et éthiquement inacceptable», conclut Claire Nouvian, fondatrice de l’association.

Dans les filets d’Intermarché, se retrouvent ainsi plusieurs espèces de requins, comme le pailona commun (Centroscymnus coelolepis), le squale chagrin de l’Atlantique (Centrophorus squamosus), tous les deux en danger d’extinction dans l’Atlantique Nord-est, selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ou encore l’aiguillat commun (Squalus acanthias) et le requin chagrin (Centrophorus granulosus), en danger critique d’extinction. «Concrètement, lorsque l’on consomme des espèces telles que la lingue bleue, le sabre noir ou le grenadier, on contribue inévitablement à l’extinction d’espèces sauvages», décrypte Claire Nouvian.

Pour Bloom, Intermarché n’a donc aucune raison valable d’apposer la mention «reconnaissance pêche durable» -qui ne correspond à aucune certification officielle- sur ces espèces. Demain 1er juin, l’association montrera également à l’ARPP comment l’enseigne a opéré un habile glissement sémantique, transformant la pêche «durable» en pêche «responsable» et produisant ainsi une confusion dans l’esprit des consommateurs.

Une porte-parole d’Intermarché a répondu à l’AFP que le groupe faisait valoir devant l’ARPP «la sincérité, le sérieux et le bien-fondé de sa démarche» tout en précisant que cette autorité n’avait pas de pouvoir de sanction.

Autorisée, la pêche profonde concerne aujourd’hui 285 navires qui battent une dizaine de pavillons dont la France. Avec 17 bateaux, la Scapêche d’Intermarché représente la première flotte profonde de l’Hexagone. Elle a totalisé un chiffre d’affaires de 38,5 millions d'euros en 2010. Selon Bloom, cette flotte a bénéficié de près de 10 M€ de subventions de la part de la France et de l’UE entre 1996 et 2008.

En 2004 et en 2011, des pétitions ont demandé aux Nations unies un moratoire et une interdiction du chalutage profond. Elles ont recueilli plus de 700.000 signatures.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus