Interdiction du BPA: la FDA obligée de trancher en 2012

Le 09 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Interdire ou non le bisphénol A (BPA) de tous les plastiques et toutes les cannettes? That is the question. L’office américain de contrôle des produits pharmaceutiques et alimentaires (FDA) devra prendre sa décision au plus tard le 31 mars 2012.

C’est le conseil de défense des ressources naturelles (NRDC), organisation non gouvernementale active dans le domaine de la protection de l’environnement, qui a réussi à obliger la FDA à prendre fermement position. Il faut dire que cette ONG est réputée pour son lobbying auprès de la cours fédérale des Etats-Unis afin que les entreprises et les organismes publics respectent les lois américaines en matière d’environnement.

Pendant des années, le gouvernement américain a répété que l’exposition à de faibles doses de BPA était sans conséquence pour la santé. En janvier dernier, sa position a commencé à évoluer en évoquant des inquiétudes croissantes vis-à-vis de ces faibles doses. Le gouvernement américain a d’ailleurs décidé de dépenser 30 millions de dollars (22,4 millions d’euros) pour mener de nouvelles recherches sur le sujet.

Quant à la FDA, depuis deux ans, elle a quelque peu manqué de transparence dans son expertise. Le NRDC avait demandé à l’agence, en 2008, d’interdire le BPA mais l’institution fédérale n’a jamais réussi à rendre son avis dans les temps qui lui étaient légalement impartis. Le conseil de défense des ressources naturelles l’a donc poursuivi en justice.

«De nouvelles recherches sur le sujet sont toujours les bienvenues mais il existe un moment où l’on a suffisamment d’informations pour prendre une décision et ce moment a été dépassé depuis bien longtemps», estime une scientifique de l’ONG.

Certains cancers, des troubles du comportement chez les enfants, des problèmes de fertilité, le NRDC rappelle la liste des maladies fortement suspectées d’être liées à une exposition au BPA.

De son côté, l’industrie chimique américaine a déclaré que le jugement de la cour du 7 décembre obligeant la FDA à prendre position est un «non-événement». Elle maintient que le BPA n’est pas risqué pour la santé et se plaint des nombreuses mesures prises dans différents Etats américains pour restreindre son usage.

«Toutes les autorités du monde ont conclu que l’utilisation du BPA dans les contenants alimentaires était sûre et nous espérons donc que la FDA va reconfirmer ce fait», a commenté le vice-président du syndicat des fabricants des contenants alimentaires.

Toutes les autorités peut-être… sauf néanmoins les autorités françaises et canadiennes. L’Anses a en effet reconnu dans son avis publié le 27 septembre dernier le danger des faibles doses de BPA (voir JDLE). Mais cela se passe dans une autre langue que celle de Shakespeare…

 


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