Installations classées: baisse des Cov

Le 17 mars 2005 par Claire Avignon
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solvants
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D'ici 2008, la France doit diminuer de 40% ses émissions de composés organiques volatiles, d'après le Plan santé environnement. De nombreuses actions sont déjà en cours, notamment dans les usines utilisant des solvants, telles que le site de chimie fine Sanofi à Aramon (Gard).

La politique de réduction des rejets de composés organiques volatiles (Cov) dans les installations classées a été engagée il y a trois ans par le ministère chargé de l'environnement. Les émissions ont depuis baissé de 20% par rapport à l'année de référence (2000). Ainsi, l'usine de chimie fine d'Aramon, appartenant au groupe Sanofi-aventis, a réduit ses émissions de Cov de 84% entre 2000 et 2004. Pour passer de 1.116 tonnes à 230 tonnes d'émissions, l'usine s'est équipée d'une colonne d'abattage à l'eau qui absorbe la plupart des Cov. Cette démarche a fait suite à la réglementation mise en oeuvre au niveau européen avec la directive 99/13/CE sur l'utilisation des solvants, et la directive 2001/81/CE qui a mis en place pour la France un plafond d'émissions de 1.050 kilotonnes de rejets d'ici 2010.

D'après le Citepa (1), 1.481 kilotonnes de Cov ont été rejetés en France en 2003, dont 479 kilotonnes par les industriels,. Même si elles ne sont responsables que d'un tiers des émissions nationales, les usines sont les principales cibles de la réglementation. Car leurs émissions sont plus faciles à contrôler que celles du transport routier ou de l'habitat. La réglementation sur les installations classées s'est donc renforcée en 2004: la mise en conformité avec la directive 99/13/CE a été anticipée de deux ans, passant de 2007 à 2005.

Certains industriels ont alors décidé d'installer un incinérateur. «Notre colonne d'abattage à l'eau ne peut pas absorber tous les Cov, explique Patrick Horny, responsable environnement de l'usine Sanofi. Le durcissement prochain de la réglementation nous a obligés à étudier une solution encore plus drastique.» C'est pourquoi un système d'incinération va être mis en place d'ici la fin de l'année. Il s'agit de l'un des rares procédés à pouvoir faire face aux particularités de l'usine. «Notre activité de chimie fine (2) nous amène à utiliser beaucoup de solvants et donc à rejeter de nombreux Cov différents, indique Patrick Horny. En outre, selon l'étape où se trouve un procédé, nous avons des pics d'émissions difficiles à traiter.» Construit par la société Vichem, le procédé nécessite un investissement de 22 millions d'euros. «C'est lourd, estime Patrick Horny. Mais Vichem nous a garanti que l'incinérateur fonctionnerait 97% du temps, avec une dépollution de 100% des Cov.»



(1) Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique

(2) Chaque année, l'usine fabrique 500 tonnes de principes actifs pour l'industrie pharmaceutique




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