Inondations: Xynthia, plus jamais ça?

Le 18 février 2011 par Célia Fontaine
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La France a lancé un nouvel appel à projets Papi
La France a lancé un nouvel appel à projets Papi

Il y a presque un an, la tempête Xynthia causait la mort de 53 personnes et d’importants dégâts matériels. Pour que la France ne revive pas de catastrophe de cette ampleur, la ministre en charge de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté le 17 février les actions fortes de l’Etat en matière de prévention des inondations.

Le risque d’inondation concerne, en France, près de 6 millions de personnes et 400.000 entreprises, réparties sur le territoire de 19.000 communes (dans le JDLE). Il est donc temps d’avancer dans la politique de prévention. Une première étape est désormais franchie avec la validation du plan national Submersions rapides (PSR), doté d’un budget de 500 millions d’euros et de 60 actions concrètes. «Ce dispositif complet vise à mieux maîtriser l’urbanisation dans les zones dangereuses, améliorer la vigilance météo et l’alerte des populations, et renforcer la fiabilité des digues», précise le communiqué du ministère de l’écologie.

Le plan s’intéresse à trois types d’aléas naturels: les submersions marines, les inondations par ruissellement ou crues soudaines, et les ruptures de digues fluviales ou maritimes. Il propose un ensemble d’actions prioritaires pour la sécurité des personnes dans les territoires les plus vulnérables. Ainsi, le PSR applique avec un peu d’avance l’article 221 de la loi Grenelle II, qui porte sur l’évaluation et la gestion des risques d’inondation.

Plus précisément, afin de maîtriser l’urbanisation dans les zones à risques, le PSR prévoit d’accélérer la mise en place des plans de prévention des risques (PPR) littoraux. Aujourd’hui, 124 communes disposent d’un PPR littoral approuvé, prenant en compte le risque de submersion marine. «Dans un délai de trois ans, 242 nouvelles communes littorales devront être couvertes par un PPR, tandis que les PPR de 68 communes seront également révisés», annonce le ministère.

En outre, aucune construction de digue destinée à ouvrir de nouveaux secteurs à l’urbanisation ne pourra être autorisée. A la fin 2011, l’Etat proposera un «référentiel technique officiel de travaux de prévention du risque d’inondation dans l’habitat existant», qui servira de support aux professionnels (bâtiment, experts, administration) pour définir, prescrire, ou réaliser des travaux.

Le deuxième axe du plan national porte sur les systèmes de surveillance, de prévision et d’alerte, qui doivent être améliorés. Météo France va mettre en place une vigilance spécifique météo «vagues-submersions» fin 2011. «Pour chaque département littoral, elle définira grâce au code couleur en vigueur –vert, orange, rouge- un niveau de vigilance, en fonction des prévisions de niveau de mer et de hauteur des vagues». Le réseau de radars hydrométéorologiques existant sera renouvelé et renforcé par un plan spécial, sur 10 ans. Pour cela, le ministère de l’écologie et Météo France vont investir 10,6 M€, dont 1,4 M€ seront mobilisés dès 2011.

Les cours d’eau surveillés par l’Etat seront plus nombreux. Actuellement, 20.800 kilomètres de cours d’eau font actuellement l’objet d’une surveillance sur le territoire métropolitain. Il est prévu d’étendre ce réseau de 600 km en 2011 (Charente estuaire, Gironde estuaire...). D’autres cours d’eau sont à l’étude pour les années à venir (Loire estuaire, Sèvre niortaise aval, ainsi que Isère amont par exemple).

Un troisième axe important du PSR porte sur le renforcement de la fiabilité des digues. «L’engagement de 1.200 km de travaux de confortement d’ouvrages est prévu sur la période 2011-2016 et l’Etat mobilisera pour cela des ressources de l’ordre de 500 M€. Le travail de recensement des digues sera achevé d’ici la fin du premier trimestre 2011 pour les digues fluviales et d’ici la fin de l’année pour les ouvrages maritimes». En termes d’organisation administrative, les services de contrôle de la sécurité des ouvrages hydrauliques (digues et barrages) ont été regroupés au sein des Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), et renforcés à hauteur de 50 postes sur 2009-2011.

Enfin, le dernier point fort de la stratégie nationale intéresse les Programmes d’actions de prévention des inondations (Papi), lancés en 2002. «Ces contrats entre un maître d’ouvrage, l’Etat, les collectivités locales permettent de déployer sur un bassin de risques une politique cohérente, qui prend en compte tous les aspects de la prévention» des inondations, rappelle le ministère. 48 Papi ont été financés depuis 2002. Un nouvel appel à projets est lancé, afin d’intégrer dans le dispositif existant l’ensemble des projets de prévention des inondations portés par les collectivités, quels que soient leur envergure et leur degré de maturité. «Cette nouvelle génération de Papi intègre désormais explicitement le risque de submersion marine.»

Cet appel à projets constitue également un dispositif de transition qui doit préparer la mise en œuvre de la directive Inondation de 2007, -laquelle devait être transposée au plus tard le 26 novembre 2009 (dans le JDLE)

 

 



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