Inondations: le Marineland d’Antibes pris au dépourvu

Le 06 octobre 2015 par Romain Loury
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Coup dur pour le parc marin
Coup dur pour le parc marin
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Vingt personnes mortes et quatre portées disparues: le bilan humain du déluge survenu dans la nuit de samedi à dimanche sur la Côte-d’Azur est lourd. Sévèrement touché, le Marineland d’Antibes déplore aussi plusieurs pertes d’animaux. Pour les associations opposées à ces parcs marins, rien n’y est prévu face à ce genre d’évènement, amené à se reproduire.

Parmi les victimes de la vague de 2 mètres qui a submergé le Marineland, touché à 90% selon la direction, des poissons, dont des requins et des raies, des tortues. Quant aux mammifères marins, à savoir les orques, les dauphins et les phoques, «ils sont sains et saufs, se portent bien et leurs soigneurs sont à leurs côtés», a déclaré lundi la direction du parc, alors que couraient des rumeurs sur la mort d’orques, de dauphins et d’ours polaires.

Si le bassin des dauphins a été épargné, ce n’est pas le cas de ceux des orques et des phoques, encore remplis d’eau boueuse et que le personnel du parc s’ingénie à nettoyer depuis ce week-end. A la tête du collectif «anti-parcs marins», qui regroupe plus de 24.000 abonnés sur Facebook, Sarah Bonnin indique «avoir peur pour l’état de santé [des mammifères marins], dont le taux de sel dans l’eau n’est plus assez haut».

«Aucun plan de secours»

Chez les opposants au parc, la colère gronde quant au manque d’anticipation du Marineland face à un tel évènement: «il n’y a aucune préparation, aucun plan de secours pour les animaux, aucun bassin de repli» en cas d’accident, dénonce Sarah Bonnin.

Même sentiment chez Pierre Robert de Latour, fondateur d’Orques sans frontières : Marineland «a été pris de court, l’épisode a été aussi violent qu’imprévisible, il a largement dépassé les limites» prévues par le parc. Or du fait du réchauffement climatique, et de l’artificialisation galopante des sols, ce genre d’évènement pourrait bien se faire plus fréquent sur le pourtour méditerranéen.

Sollicitée par le JDLE, la direction du parc, que les associations accusent de peu communiquer, n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien, évoquant le lourd travail en cours. Outre les dégâts matériels, c’est un coup très dur pour Marineland, régulièrement mis en cause par les opposants à la captivité des mammifères marins.

Signée par près de 47.000 personnes mardi après-midi, une pétition destinée au maire d’Antibes, Jean Leonetti, circule depuis dimanche sur internet afin de fermer définitivement Marineland, un débat déjà avivé par la sortie en 2013 du documentaire «Blackfish», sur les conditions de captivité des orques.

Des animaux pris au piège

Pour Pierre Robert de Latour, ces animaux se sont trouvés «pris dans une nasse», ce qui souligne «une nouvelle fois le problème de la captivité». Ce qui n’est pas sans évoquer la situation de la réserve africaine de Sigean (Aude), qui perd régulièrement des animaux du fait des inondations. «Il y a urgence à remettre ces animaux dans la nature», ajoute Pierre Robert de Latour, qui finalise actuellement un «protocole de réhabilitation».

Prônant le boycott des parcs par le public, Sarah Bonnin espère un jour «voir reconnaître par la loi que la détention de dauphins et d’orques est illégale», comme le sont désormais les zoos humains que l’on voyait encore au début du XXème siècle. Ces mammifères marins «ont une intelligence et une conscience d’eux-mêmes dont on ne se doutait pas dans les années 1970, quand on les a capturés», ajoute-t-elle.



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