Inondations: des dégâts mondiaux en hausse

Le 28 mai 2018 par Romain Loury
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Des effets locaux et mondiaux
Des effets locaux et mondiaux

Les inondations vont devenir plus fréquentes en raison du réchauffement. Au-delà des effets locaux, les retombées sur l’économie mondiale vont s’accroître, révèle une étude allemande publiée lundi 28 mai dans Nature Climate Change. Et les Etats-Unis y seront plus vulnérables que l’Union européenne.

 

C’est l’une des conséquences les plus à craindre du réchauffement en cours, qui chamboule le cycle de l’eau: les inondations vont devenir plus fréquentes. Au niveau mondial, les pertes devraient s’élever à 597 milliards de dollars (513 milliards d’euros) pour la période 2016-2035, contre 208 milliards de dollars (179 milliards d’euros) pour 1976-1995, estiment Sven Norman Willner, de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK), et ses collègues.

La Chine, pays le plus inondé

Il ne s’agit là que de pertes directes liées à la de baisse de production. En la matière, c’est la Chine qui devrait être la plus touchée, avec des pertes estimées à 389 milliards de dollars sur la période 2016-2035 (environ 5% de son produit intérieur brut!), soit une hausse de 82% par rapport aux pertes engendrées par les inondations sur la période 1995-2016.

Des gagnants, des perdants

Au-delà de ces coûteux effets locaux, les inondations auront un impact sur le commerce mondial. Avec, mondialisation oblige, des gagnants et des perdants: «quand un fournisseur ne peut plus produire à cause d’une catastrophe naturelle, la mondialisation accroît les chances que d’autres fournisseurs puissent momentanément remplir le vide. C’est ainsi que la fréquence accrue d’inondations pourrait favoriser les économies de l’Inde, de l’Australie et de pays d’Asie du sud-est», explique Christian Otto, chercheur au PIK et co-auteur de l’étude.

Les Etats-Unis vulnérables aux inondations chinoises

Ces effets indirects seront au contraire très délétères pour d’autres pays. Exemple: les Etats-Unis pourraient endurer des pertes indirectes de 170 milliards de dollars du seul fait des inondations survenant en Chine entre 2016 et 2035, alors que leurs pertes directes, liées à des inondations à domicile, ne leur coûteront «que» 30 milliards de dollars.

UE-Chine: des relations plus équilibrées

Egalement touchée par les inondations chinoises, l’Union européenne semble mieux préparée que les Etats-Unis, en raison de relations commerciales plus équilibrées avec la Chine.

«L’Union européenne souffrira temporairement quand la Chine peinera à livrer des produits nécessaires à la production des entreprises européennes, mais elle pourra en retour exporter des biens en Chine pour compenser. A l’inverse, les Etats-Unis importent beaucoup plus de la Chine qu’ils n’y exportent. Ce qui laisse l’économie américaine plus vulnérable aux ruptures d’approvisionnement dues au climat», explique Sven Norman Willner.

L’isolationnisme, une faiblesse climatique

Selon les chercheurs, la politique commerciale de l’actuel président américain, Donald Trump, pourrait obtenir l’effet contraire de celui escompté. De visée isolationniste, «les taxes douanières mises en place par les Etats-Unis sur les produits chinois vont rendre l’économie américaine plus vulnérable au changement climatique. La stratégie la plus raisonnable serait au contraire une connectivité bien équilibrée du commerce mondial car elle permet de compense les dégâts économiques du climat, qui ne vont cesser de s’accroître», explique Anders Levermann, co-auteur de l’étude.



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