Infertilité: la pollution de l’air mise en cause

Le 18 janvier 2016 par Romain Loury
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Plus de voitures, moins d'enfants?
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Après les perturbateurs endocriniens, la pollution de l’air: selon une étude américaine publiée dans la revue Human Reproduction, le trafic routier et l’exposition aux particules fines sont liés au risque d’infertilité dans les couples qui y sont très exposés.

On n’en finit plus de découvrir de nouvelles vertus à la pollution de l’air: maladies cardiovasculaires et respiratoires, allergies, diabète, obésité, mais aussi maladies neurodégénératives, peut-être même autisme. En voici une nouvelle, déjà soupçonnée lors de précédentes études: l’infertilité au sein des couples, problème croissant de nos sociétés.

Menée sur près de 36.300 femmes de la cohorte américaine Nurses’ Health Study II (NHS II), l’étude de Shruthi Mahalingaiah, de la Boston University School of Medicine (Massachusetts), et ses collègues révèle un lien entre l’infertilité (après un an d’essais infructueux) et le fait de résider à proximité d’une grand axe routier : chez celles résidant à moins de 200 mètres, le risque est accru de 11%.

Le phénomène semble avant tout concerner l’infertilité secondaire, à savoir l’échec à obtenir une grossesse après une première naissance. Le risque est alors accru de 21%, contre 5% pour une infertilité primaire, dans le cadre d’un premier projet parental. Et ce après prise en compte de nombreux facteurs de confusion, dont le niveau socio-économique.

Un effet des particules fines?

Les résultats suggèrent un effet plus marqué des PM2,5-10, à savoir les particules fines dont la taille est comprise entre 2,5 et 10 micromètres (µm). Pour toute hausse de 10 microgrammes par mètre cube d’air (µg/m3), le risque d’infertilité, primaire comme secondaire, s’accroît de 10%.

Selon le quotidien britannique The Guardian, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devrait publier le mois prochain de nouvelles données alarmantes sur la pollution de l’air. Menée sur 2.000 grandes villes, cette analyse révèle une grave détérioration de la situation depuis 2014. Selon l’OMS, la pollution de l’air a engendré 7 millions de décès prématurés en 2012, à savoir 4,3 millions en raison de l’air intérieur et 3,7 millions de la pollution atmosphérique.

Bien que les chiffres ne permettent pas de déterminer avec certitude si la pollution de l’air agit sur la femme ou sur l’homme –et de quelle manière elle agit-, ils suggèrent un effet sur les deux, mais sans jamais atteindre la significativité statistique. Une hypothèse corroborée par d’autres travaux.

Quelques études, contredites par d’autres, ont en effet suggéré des effets de la pollution de l’air sur la qualité du sperme, aussi bien sur le nombre de spermatozoïdes que sur leur morphologie. Quant aux femmes, une étude publiée en 2010 avait démontré que la fécondation in vitro (FIV) était moins efficace chez celles exposées chroniquement à une forte pollution de l’air, dont les particules fines et les oxydes d’azote.



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