Industrie agroalimentaire: la méfiance s’installe

Le 12 juin 2013 par Romain Loury
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L'industrie agroalimentaire a du plomb dans l'aile
L'industrie agroalimentaire a du plomb dans l'aile

Conséquence attendue de l’affaire de la viande de cheval, la cote de confiance de l’industrie agroalimentaire a dégringolé chez les Français, perdant 16 points depuis 2008, révèlent les résultats d’un sondage TNS-Sofres réalisé pour l’Association nationale des industries alimentaires (Ania).

«Renouer le dialogue», «ouverture», «proximité», «valorisation de l’humain»… l’Ania ne tarit pas de mots doux pour lancer son opération de reconquête du public, dont la confiance s’est quelque peu érodée ces derniers mois. Un désaveu dont l’enquête TNS-Sofres révélée le 10 juin dévoile toute l’ampleur.

Menée sur un échantillon de 1.000 personnes, elle montre que seuls 46% des Français conservent une bonne image de l’industrie agroalimentaire, soit 16% de moins qu’en 2008. Fait révélateur, seule l’industrie pharmaceutique, également empêtrée dans plusieurs affaires (dont celle du Mediator), connaît une telle chute (42% de confiance, -15%).

Si les Français restent globalement confiants dans la sécurité sanitaire de leurs produits (55%), ce chiffre a baissé de 22% depuis 2008. Même tendance quant à l’information donnée sur l’étiquette, avec un taux de confiance de 50%, en baisse de 20%. Les Français sont par ailleurs 19% de moins qu’en 2008 à penser que les entreprises agroalimentaires sont attentives à la qualité nutritionnelle de leurs produits.

Point névralgique de l’affaire de la viande de cheval, la traçabilité des produits doit, selon 60% des personnes interrogées, devenir une priorité de l’industrie. Un tiers pensent qu’elle doit mieux informer sur l’origine géographique, ou encore mettre en place un étiquetage nutritionnel clair.

Face à cette «crise de confiance», l’Ania veut faire montre de pédagogie, en dépoussiérant son site internet et en lançant deux nouveaux outils internet. Le premier, Alimexpert, consiste en une plate-forme permettant à l’internaute de poser ses questions aux experts de l’Ania, tandis que le second, Alimevolution, consiste en une frise historique retraçant les grandes étapes de la sécurité des aliments. Reste à voir si cela empêchera la transmutation du bœuf en d’autres espèces.

 



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