Indonésie: les feux de forêt tuent en masse

Le 19 septembre 2016 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
2,6 millions d'hectares en flammes
2,6 millions d'hectares en flammes
Peter van Eijk

Les feux de forêt qui ont ravagé Sumatra et Bornéo en 2015 auraient entraîné plus de 100.000 morts entre l’Indonésie, la Malaisie et Singapour, du fait de la pollution de l’air, révèle une étude publiée dans les Environmental Research Letters. Bien loin du bilan avancé jusqu’alors par les autorités indonésiennes, de seulement 19 victimes.

Si les incendies de forêt, qui visent à nettoyer la place pour la culture de palmiers à huile, sont monnaie courante en Indonésie, l’année 2015 a été exceptionnelle. Au total, ce sont 2,6 millions d’hectares qui sont partis en fumée à Sumatra et Kalimantan (partie indonésienne de l’île de Bornéo) entre septembre et octobre, du fait d’une forte sécheresse liée à un intense épisode d’El Niño.

Du côté humain, le bilan officiel des autorités indonésiennes s’établissait jusqu’alors à 43 millions de personnes exposées à la fumée, environ 500.000 cas de maladies respiratoires, mais seulement 19 décès -en incluant les victimes de l’incendie. On en est bien loin, selon l’étude publiée par Shannon Koplitz, de l’université de Harvard, et ses collègues: d’après leur modélisation, les émissions de ces incendies auraient entraîné environ 100.300 morts prématurées.

Les PM2,5 en cause

Les chercheurs ont analysé la pollution de l’air, prédite par dissémination des particules fines PM2,5 engendrées par les incendies. Sur l’ensemble de la population étudiée (Indonésie, Malaisie, Singapour), l’exposition moyenne serait de 60 microgrammes par mètre cube (µg/m3) d’air entre septembre et octobre 2015, contre environ 13 µg/m3 en temps normal pour ces trois pays. Ce qui équivaut, selon les chercheurs, à un surplus de 91.600 morts en Indonésie, 6.500 morts en Malaisie et 2.200 morts à Singapour.

Le bilan s’avère bien plus élevé qu’en 2006, autre annus horribilis en matière de feux de forêt indonésiens, avec 37.600 décès prématurés dans les trois pays. En 2006 comme en 2015, le bilan pourrait en fait être encore plus lourd: les chercheurs n’ont en effet tenu compte que des PM2,5, pas d’autres polluants émis, tels que le monoxyde de carbone ou le formaldéhyde.

Pour Yuyun Indradi, qui milite pour la conservation de la forêt chez Greenpeace Indonésie, «si rien ne change, ces brouillards tueurs continueront, année après année, à entraîner de terribles bilans humains. L’industrie et le gouvernement doivent mettre en place de vraies actions pour mettre fin à la déforestation et à l’assèchement des tourbières pour les plantations. (…) Maintenant que nous connaissons l’ampleur du désastre, ne pas agir pour protéger des vies constituerait un crime».



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus