Inde-Pakistan: une relation à risque mondial

Le 03 octobre 2019 par Romain Loury
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Hiroshima (g.), Nagasaki (d.)
Hiroshima (g.), Nagasaki (d.)

Un conflit nucléaire entre l’Inde et le Pakistan aurait certes des conséquences régionales massives, mais pourrait aussi entraîner un hiver nucléaire à l’échelle du globe, avec une famine généralisée, révèle une étude publiée mercredi 2 octobre dans Science Advances.

Alors que les tensions se ravivent périodiquement entre ces deux frères ennemis, il est à espérer qu’elles ne débordent pas. Car le bilan, aussi bien humain que climatique, d’un conflit entre ces deux puissances nucléaires serait désastreux, révèlent Owen Toon, climatologue à l’université du Colorado (Boulder), et ses collègues dans leur étude.

Jusqu’à 125 millions de morts

Selon les chercheurs, chacun de ces pays disposerait de 140 à 150 ogives nucléaires, d’une puissance unitaire comprise entre 5 et 12 kilotonnes pour le Pakistan, entre 12 à 40 kilotonnes pour l’Inde. D’ici à 2025, leurs capacités devraient s’accroître: l’Inde et le Pakistan pourrait chacun compter de 400 à 500 ogives, chacune d’une puissance s’élevant jusqu’à quelques centaines de kilotonnes, prévoient les chercheurs.

Pour rappel, la bombe qui a explosé le 9 août 1945 sur Hiroshima était d’une puissance de 15 kilotonnes, soit l’équivalent de 15.000 tonnes de TNT, celle de Nagasaki (le 9 août 1945) de 20 kilotonnes.

En raison de la taille et de la densité des villes indiennes et pakistanaises, ce sont 50 à 125 millions de personnes qui seraient tuées par un conflit nucléaire entre les deux pays, selon que les armes employées seraient d’une puissance de 15 kilotonnes ou de 100 kilotonnes. Soit jusqu’à 2,5 fois plus que la deuxième guerre mondiale.

Un refroidissement de 2°C à 5°C

Dramatiques, les retombées seraient aussi climatiques: les explosions enverraient dans l’atmosphère de 16 à 36 mégatonnes de carbone suie. Ce qui diminuerait la température moyenne mondiale de 2°C à 5°C, réduirait les précipitations de 15% à 30%, tout en faisant chuter la croissance végétale de 15% à 30%, et la productivité des océans de 5% à 15%. Aux 125 millions de morts indiens et pakistanais, s’ajouteraient ceux engendrés par une famine planétaire.

Aussi catastrophique soit elle, la situation serait encore pire en cas de conflit nucléaire entre les Etats-Unis et la Russie: à eux deux, ces pays comptent 93% des 13.900 ogives nucléaires estimées à travers le monde.



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