Inde: la super-bactérie se répand à New Delhi

Le 07 avril 2011 par Geneviève De Lacour
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Des souches de la bactérie de type «New Delhi métallo-beta-lactamase» (NDM-1), qui est résistante aux antibiotiques et considérée comme une bombe à retardement par les experts, ont été retrouvées dans de l'eau à New Delhi, révèle une étude publiée le 6 avril dans la revue Lancet parTimothy Walsh et ses collègues médecins de l'université britannique de Cardiff.
Selon cette étude, ces agents pathogènes NDM-1 sont largement répandus dans la ville puisqu’ils ont été retrouvés dans 51 échantillons sur 171 d'eaux usées et dans 2 échantillons sur 50 issus de l'eau du robinet.
 
L'étude montre que ces souches résistantes ne sont pas uniquement présentes dans les hôpitaux indiens, mais également répandues dans l'environnement. Ces échantillons positifs, identifiés pour la première fois en 2009, ont été prélevés, cette fois-ci, dans le quartier administratif et commercial de Connaught Place ainsi que dans la zone touristique et populaire du Fort rouge, à Delhi.
 
Des températures élevées, une population dense, une utilisation massive d’antibiotiques et un mauvais ou une absence de contrôle des infections, tous ces facteurs contribuent à la mobilité de la bactérie NDM-1.
«Une surveillance internationale sur la résistance, incorporant des prélèvements de l'environnement et un examen clinique, doit être mise en place en priorité», estime l'équipe de médecins.
 
L’équipe plaide aussi pour que des mesures urgentes soient prises pour empêcher la propagation de ces germes rebaptisés «super-bactérie». Le gène NDM-1 confère aux bactéries cette super-capacité à résister aux antibiotiques. Il a été repéré dans plusieurs espèces de bactéries totalement différentes comme Escherichia coli et Klebsellia pneumoniae (responsable d’infections respiratoires). Des bactéries qui seraient alors capables de résister aux carbapénèmes, de puissants antibiotiques utilisés pour venir à bout des résistances aux antibiotiques classiques. «De façon préoccupante», ce gène de résistance NDM-1 s'est diffusé, selon l'étude, à des espèces de bactéries pathogènes responsables non seulement de la dysenterie, mais aussi du choléra.
Zsuzsanna Jakab, directrice régionale Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) commente: «Nous devons tirer le signal d’alarme car nous sommes arrivés à un point critique. La résistance aux antibiotiques a atteint un niveau sans précédent et les nouveaux antibiotiques ne vont pas arriver suffisamment rapidement sur le marché».
 
Selon Mohammed Shahid, de l'hôpital Jawaharlal Nehru dans l'Etat indien de l'Uttar Pradesh, cité dans l'étude, l'hypothèse d'une large propagation sur le plan mondial de la super-bactérie est «réelle et ne devrait pas être ignorée».
 
Les chercheurs ont mené cette étude en septembre et octobre 2010, peu après des mises en garde lancées par des chercheurs, inquiets de voir le NDM-1 s'étendre rapidement via des étrangers venant se faire opérer à moindre coût dans des hôpitaux indiens.
 
Selon les chercheurs britanniques, la présence de NDM-1 a «des implications importantes» pour les habitants de New Delhi qui dépendent uniquement de l'eau publique. Elle représente plus largement une menace pour les 650 millions d'Indiens qui n'ont pas accès à une eau propre.
 


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