Inde-Etats-Unis : un accord à long terme

Le 03 mars 2006 par Enerpresse
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Malgré l’attentat anti-américain au Pakistan et les milliers de manifestants indiens : ils ont signé. Comme prévu, le 2 mars, George Bush et Manmohan Singh ont paraphé un important traité de coopération entre les Etats-Unis et l’Inde.

Ce document ouvre la porte du projet Iter à la plus grande démocratie du monde. Il annonce aussi une coopération indienne dans les programmes américains FuturGen (la future centrale au charbon zéro émission) et Ocean Drilling, sur les hydrates de méthane. Autant de collaborations passées sous silence par la presse généraliste. Nos confrères ayant préféré s'intéresser à un élément majeur : la relance du partenariat nucléaire américano-indien. Qualifié d' "historique" par les deux parties, le pacte prévoit la reprise de la fourniture de matériel nucléaire et de combustible occidentaux en contrepartie de l'ouverture aux inspections internationales de 16 des 22 installations nucléaires indiennes. Permettant, dixit la diplomatie américaine, de réintégrer l'Inde dans le concert des nations nucléaires, l'accord n'est pourtant pas près d'être appliqué.

Les deux gouvernements devront d'abord convaincre leurs parlements respectifs de ratifier le texte. Or, pour des raisons différentes, les parlementaires indiens et américains seraient plutôt enclins à le rejeter. Les premiers refusant, au nom de l'indépendance nationale, de livrer leurs usines à la surveillance de l'AIEA. Les seconds n'étant pas convaincus par les promesses de non-prolifération de New Delhi. La convention sera d'autant plus difficile à appliquer qu'elle nécessite aussi la participation de certains pays producteurs d'uranium. Or, ni le Canada ni l'Australie n'ont annoncé leur intention de lever leur embargo sur l'Inde, tant que le sous-continent n'aura pas signé le traité de non prolifération. Autrement dit, ce n'est pas demain la veille. D'autant que le rapprochement nucléaire entre les deux puissances ne fait pas que des heureux. La Chine, bien sûr, reste très attentive à ce qui se passe à ses frontières. De son côté, le Pakistan a immédiatement réclamé le même traitement que son frère ennemi. Bref, les portes de l'Inde ne sont pas prêtes de s'ouvrir pour Areva, Westinghouse ou Cameco.



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