Incinération: des risques désormais limités pour la santé

Le 17 février 2009 par Victor Roux-Goeken
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L’Institut de veille sanitaire (InVS) consacre un numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) aux impacts sanitaires de l’incinération. Ceux-ci sont désormais moindres que par le passé grâce à une réglementation plus sévère.

Le rassemblement, vendredi 13 février à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), de près de 1.000 opposants au projet d’incinérateur construit par la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, montre que ce mode de gestion des déchets reste toujours aussi sensible. Toutefois, dans son édition de mardi 17 février (1), le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (InVS) relativise l’impact sanitaire des usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM).

Le fait de résider longtemps à proximité d’une UIOM n’a pas de répercussion sensible sur les niveaux de dioxine sériques, de plomb sanguin ou de cadmium urinaire – substances persistantes rejetées dans l’environnement par les incinérateurs de déchets ménagers, selon une des études du BEH (2). Les concentrations moyennes de ces substances sont similaires chez les personnes qui ne sont pas riveraines de telles installations.

Telles sont les principales conclusions de la première étude internationale de cette ampleur sur la question, «l’une des rares à questionnaire alimentaire aussi détaillé», indique Nadine Fréry, épidémiologiste coordinatrice «biosurveillance et risque chimique» au sein du département santé-environnement de l’InVS et principale auteur de l’étude. Celle-ci a été réalisée en 2005 auprès de 1.030 personnes âgées de 30 à 65 ans, habitant depuis au moins 10 ans dans le périmètre d’un des 8 incinérateurs de l’étude, de capacité et d’ancienneté différentes (3).

L’étude ne relève pas de sur-imprégnation par inhalation des riverains due à l’exposition à ces substances. Mais la consommation de produits locaux tels que les produits laitiers, les œufs et les graisses animales augmente cette imprégnation dans une moindre mesure. Tous les consommateurs ne sont pas égaux face à ce risque. «Une analyse plus détaillée (…) montre une différence d’imprégnation (…) des agriculteurs consommateurs de produits locaux et dans une moindre mesure des particuliers auto-consommateurs», selon l’étude. Les agriculteurs auto-consommateurs riverains d’UIOM «présentaient en moyenne un niveau d’imprégnation de dioxines et de PCB de 42 picogrammes équivalents toxiques dioxine par gramme de matière grasse (pg TEQ/g MG), alors qu’il était de 32 chez les agriculteurs non exposés et de 27 chez les non-consommateurs exposés».

«Depuis la remise aux normes des incinérateurs fin 2005, cette imprégnation a eu tendance à diminuer pour la viande et le lait, puisque l’herbe de repousse est moins contaminée, relève Nadine Fréry. Ce n’est pas le cas des œufs ou des produits de la mer». Pour les premiers, la pollution des sols ou la persistance de pratiques agricoles – épandage de cendres pour améliorer la solidité de la coquille – est en jeu. Les deuxièmes peuvent demeurer imprégnés du fait de la pollution des sédiments.

(1) Incinération des ordures ménagères en France: effets sur la santé, BEH du 17 février 2009
(2) Etude d’imprégnation par les dioxines des populations résidant à proximité d’usines d’incinération d’ordures ménagères, Nadine Fréry et al., InVS
(3) Bessières (31), Cluny (71), Dijon (21), Senneville-sur-Fécamp (76), Gilly-sur-Isère (73), Maubeuge (59), Pluzunet (22), Vaux-le-Pénil (77)


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