Incinérateur d’Ivry: l’enquête est ouverte

Le 22 mai 2018 par Stéphanie Senet
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Le nouveau projet vise à construire une unité d'incinération et une unité de tri organique
Le nouveau projet vise à construire une unité d'incinération et une unité de tri organique

La refonte de l’incinérateur francilien d’Ivry Paris XIII fait l’objet d’une nouvelle enquête publique, lancée ce 22 mai. Un projet faramineux, dont le coût de construction et d’exploitation pendant 23 ans s’élève à 1,8 milliard d’euros.

 

La dernière version du projet concocté par le Syctom va-t-il encore évoluer à l’issue de cette enquête, qui se tient du 22 mai au 25 juin ? C’est en tout cas ce que préconise l’Autorité environnementale, dans un avis publié le 21 mars. Celle-ci juge que la nouvelle unité de tri organique d’une capacité de 310.000 tonnes manque de précisions, notamment sur le devenir des biodéchets et des fractions résiduelles transférés à l’extérieur du site. Elle remet aussi en cause le choix d’un tri mécano-biologique (TMB). Pour mémoire, le projet de reconstruction comprend également une nouvelle usine d’incinération, d’une capacité réduite de 730.000 t à 350.000 t. Les marchés de conception, construction et exploitation ont été attribués en février 2015 au groupement IP13, conduit par Suez Environnement.

 

Loin des objectifs européens

Une refonte du projet est également réclamée par l’association Zero Waste France et le collectif 3R, à l’origine d’un scénario alternatif (plan B’OM) présenté en septembre 2015 et réactualisé le 7 juin prochain. Dénonçant «l’incohérence de ce projet gigantesque avec les objectifs nationaux et européens en matière d’économie circulaire», les ONG rappellent qu’il est basé sur «un taux de recyclage ridiculement faible: 27% en 2025 et 31% en 2030». En comparaison, le nouveau paquet Economie circulaire adopté par l’UE vise 55% de recyclage des déchets municipaux en 2025 et 60% en 2030. Alors que le Syctom traite 10% des déchets ménagers français, «ce projet n’est pas acceptable compte tenu de l’urgence à agir», résume Flore Berlingen, présidente de l’association Zero Waste. C’est précisément en s’opposant à un projet d’incinérateur que la ville toscane de Capannori est devenue pionnière dans la mise en place d’une politique zéro déchet.



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