Incidents à répétition à la centrale de Paluel

Le 22 juin 2011 par Geneviève De Lacour
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C’est le site Mediapart qui le révèle aujourd’hui 22 juin. La centrale de Paluel, située à 30 km au sud ouest de Dieppe, en Haute-Normandie, aurait connu des dysfonctionnements en série depuis plus d’un mois. Fuites à répétition, rejets de gaz radioactif, déclenchements de balises d'alertes, contaminations de travailleurs, les incidents se sont multipliés dans cette centrale qui produit 7% de l’électricité nationale.

L’Union locale de la CGT dieppoise s’en est émue et a publié le 16 juin dernier un communiqué sur la situation dans la centrale qui aurait connu une fuite d’iode radioactif dans une des tranches de la centrale. Selon la CGT, « EDF a décidé de ne pas arrêter la tranche incriminée, et de poursuivre coûte que coûte la production et attend, semble-t-il, le prochain arrêt de tranche prévu à l'automne pour intervenir plus efficacement, sous prétexte que, d'ici cette date, le seuil maximum légal de milisievert n'aura pas été atteint ».

 Et toujours selon le syndicat, EDF aurait envoyé des salariés dans le bâtiment du réacteur en pleine puissance, pour repérer l'origine de la fuite et son ampleur.

Avec 4 réacteurs d’une puissance de 1.300 mégawatts chacun, la centrale de Paluel est l’une des 3 plus grosses centrales nucléaires de France. Mais depuis quelque temps, divers problèmes techniques se sont accumulés sur le réacteur n°3. Une fuite d'huile sur l'alternateur, une fuite d'eau du circuit primaire, une fuite de gaz radioactif dans le bâtiment réacteur, ainsi qu'une fuite dans une ou plusieurs gaines de combustible.

Le site Médiapart relate une inquiétude grandissante voire une certaine angoisse parmi les salariés de la centrale. Une angoisse qui monte avec le déclenchement incessant de l’alarme qui signale la présence de gaz nocifs dans l’air. Des salariés auraient aussi inhalé, par accident, du xénon, un gaz radioactif, au cours de l’inspection de la centrale le week-end de la Pentecôte. Un accident qui n’aurait pas été signalé à l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN).


Mais de toutes les difficultés qui affectent Paluel, la plus inquiétante serait la défectuosité de certaines gaines de combustible. Ces gaines en alliage métallique constituent la première des barrières qui isolent la matière radioactive de l'environnement extérieur.

Pour l’instant EDF a décidé de laisser tourner le réacteur en l’état.


Dans le même temps, l’Agence France Presse a annoncé aujourd’hui 22 juin, que le réacteur numéro 3 de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord de la France, a été arrêté quelques heures après un problème technique sur une vanne survenu mardi 21 juin en fin de journée. La centrale de Gravelines qui compte au total 6 réacteurs de 900 mégawatts chacun a été relancé aujourd’hui, selon EDF. « Il s'agissait d'un défaut de régulation sur une vanne », a déclaré à l'AFP une porte-parole d'EDF.

 Sur le site internet du Réseau de Transport d'Electricité (RTE), qui recense les arrêts fortuits des groupes de production d'électricité de tous types de plus de 100 mégawatts, l'incident est classé dans les catégories chaudière - réacteur - génération de vapeur. Les arrêts fortuits de réacteurs nucléaires sont relativement fréquents: celui de Gravelines est le 4e recensé depuis le début du mois de juin dans une centrale nucléaire par le site de RTE.

A l'heure où nous mettons en ligne, le site de l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne recense aucun événement survenu à Paluel ou Gravelines.



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