Incident de Cadarache: amende requise contre le CEA

Le 26 janvier 2012 par Stéphanie Senet
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Une amende de 40.000 euros a été requise, le 25 janvier, contre le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour non-déclaration immédiate d’un incident survenu sur son site de dépôt de plutonium situé à Cadarache (Bouches-du-Rhône).

Au tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, l’audience s’est résumée en un bras-de-fer entre le CEA et l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN) autour de la transparence des informations. Le CEA est accusé d’avoir très largement sous-estimé les stocks présents dans l’atelier de technologie du plutonium, qui a produit du combustible Mox de 1964 à 2003, à partir de poudres d’oxyde d’uranium et de plutonium. En l’espace de 40 ans, l’atelier a vu passer 50 tonnes de matières fissiles, a estimé Denis Lallemand, représentant du CEA.

Le problème tient au fait que des dépôts se logent dans les interstices des boîtes à gants étanches qui permettent de manipuler le matériau radioactif sans risquer une contamination. Peu après le démantèlement de l’installation, le CEA a établi un premier bilan, le 17 juin 2009. Résultat: 14 kilogrammes de plutonium a été extrait des boîtes à gants alors qu’il avait estimé le total à 8 kg pour l’ensemble de l’atelier. Avec ce chiffre, le CEA est encore resté dans les limites autorisées. Mais 4 mois plus tard, un inventaire complet a révélé la présence de 39 kg de plutonium, soit environ 5 fois plus que la première estimation.

L’ASN, avertie, a reproché au CEA d’avoir attendu le mois d’octobre avant de signaler le problème. L’Autorité se réfère à l’article 54 de la loi sur la transparence et la sécurité nucléaire, dite TSN, du 13 juin 2006. L’exploitant doit, en effet, déclarer sans délai, à l’ASN et au préfet, tout incident risquant d’avoir des conséquences notables sur la sécurité de l’installation. Selon Pierre Perdiguier, le chef de la division de l’ASN à Marseille, la sous-évaluation était significative. L’exploitant n’étant plus en mesure de maîtriser la quantité de plutonium, une réaction en chaîne pouvait avoir lieu, sans aucun signe précurseur.

L’incident avait été classé au niveau 2 (sur 7) de l’échelle Ines. Aussitôt, une enquête avait été ouverte par le parquet. L’ASN avait par ailleurs suspendu les opérations de démantèlement, qui ont désormais repris, de façon partielle et progressive. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 14 mars.



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