Incendies: la sécheresse et la bêtise font flamber les forêts

Le 25 juillet 2017 par Marine Jobert
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Beaucoup de pins sont partis en fumée.
Beaucoup de pins sont partis en fumée.
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Alors que le sud de l’Europe a aussi été sillonné d’incendies bibliques, les régions méditerranéennes voient partir des dizaines d’hectares en fumée. La faute à la sécheresse, à la bêtise humaine, attisées par des vents violents.

3.000 hectares sont partis en fumée dans le Var et les Alpes-Maritime et en Corse. 1.500 hectares ont brûlé en Haute-Corse, 800 autres dans le sud du Vaucluse, près de Mirabeau, 400 à la Croix-Valmer et 300 près de Saint-Maximin (Var), a précisé le préfet de Provence-Alpes-Côte d'Azur ce midi. «Ne pas faire de feu, ne pas fumer, ne pas faire de barbecue, ne pas faire de travaux en forêt»; tel est le message délivré par le numéro 2 des sapeurs-pompiers de France, le colonel Grégory Allione. La piste criminelle est évoquée.

L’UE sur le pont

Comme le Portugal ou l’Espagne avaient pu le faire lors d’incendies récents, la France a sollicité deux avions Canadair dans le cadre de l'aide européenne. Au total, 19 avions bombardiers d'eau, dont 10 Canadair, 7 Tracker et 2 Dash - avion gros porteur bombardier d'eau - et plus de 2.000 soldats du feu sont mobilisés pour l'heure pour venir à bout de ces incendies.

Maisons + forêts = incendies

Des vents violents et une végétation prête à s’enflammer après des mois sans pluie expliquent en partie ces brasiers. «Les gens ont envie d'habiter près de la forêt, souligne également Thomas Curt, directeur de recherche à l'Irstea. Plus vous avez de maisons, de lignes électriques, de routes, et plus vous avez de départs de feu.»  Le tout dans un contexte d’ensauvagement, où «l'agriculture recule, la forêt s'étend naturellement et les terres ‘s'embroussaillent’», relève-t-il. Dans un rapport publié en juin 2016, 3 hautes administrations avaient chargé la barque des préfets et des maires. Notamment à cause de leur inaction face au mitage de la forêt par l’habitat, dans un contexte de forte pression démographique et urbaine.

Plus de 26.000 hectares en Italie. 4.500 hectares en Croatie. Des départs de feu au Monténégro voisin. Le Portugal et l’Espagne quelques semaines auparavant. Le sud de l’Europe traverse un été incendiaire. Mêmes causes – sécheresse et canicule-, mêmes effets.

Feux complexes

 «Le feu est extrêmement complexe (près de Saint-Tropez) parce qu'il y a la forêt du Conservatoire du littoral, peu de moyens d'y accéder», avait pointé le préfet de région plus tôt dans la journée. «Nous n’avons pas vocation à multiplier les chemins, mas nous avons respecté le plan de défense des forêts contre les incendies, répond François Fouchier, le délégué Alpes-Provence Côte d’Azur du conservatoire du littoral, contacté par le Journal de l’Environnement. Toutes les pistes sont en bonne état, nous avons même contribué à leur réfection et à la mise aux normes des bornes incendie». L’émotion est grande parmi les personnels du Conservatoire, qui voient partir en fumée «des années de travail et d’aménagement. Nous allons aider la nature à reprendre ses droits.»

 

 

La saison des feux a démarré tôt en Indonésie, avec déjà 170 départs visualisés par satellite dans tout le pays. La sécheresse, alliée à des départs de feux volontaires pour gagner des terres agricoles sur la forêt, expliquent ces incendies qui ne devraient pas tarder à obscurcir le ciel de Singapour et de Malaisie. En 2015, quelque 2,6 millions d’hectares étaient partis en fumée, causant 16 milliards de dollars de dégâts. Depuis novembre dernier, l’Indonésie a sanctuarisé quelque 66 millions d’hectares de tourbières et de forêts primaires.


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