Incendies dans les poubelles napolitaines

Le 24 juin 2011 par Geneviève De Lacour
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En 2007 et 2008, Naples (Italie) avait déjà fait les gros titres de la presse mondiale avec des photos du centre historique envahi d'immondices. Fin 2010, les déchets ont à nouveau envahi les rues de la ville.

Mais dans la nuit de jeudi à vendredi 24 juin, ce sont plus de 50 incendies de bac à ordures ou de tas de déchets qui ont été déclenchés par les habitants de quartiers envahis par les immondices, rendant nécessaire, selon les autorités, l'intervention des pompiers.
 
La crise des déchets s'est accentuée ces derniers jours avec l'accumulation de plus de 2.300 tonnes de sacs poubelles malodorants qui jonchent les rues, y compris dans le centre historique.
 
Le maire de Naples, Luigi de Magistris, en place depuis seulement 10 jours, a ordonné jeudi dans la soirée un ramassage des ordures 24 heures sur 24 et que les camions de ramassage soient escortés par des gardes armés. Dans une interview au journal La Repubblica, le maire a affirmé que «différents milieux veulent que Naples reste ensevelie sous les déchets, soit pour spéculer politiquement, soit parce qu'ils répondent à des intérêts peu licites».
«Un cycle correct des ordures apporte des emplois, des économies (pour les collectivités locales, ndlr), une solution au problème, ce qui ne plaît pas à certains», a-t-il dénoncé.
 
La Camorra, la mafia napolitaine, tire d'importants revenus d'activités qui vont du trafic de drogue au contrôle du ramassage et du traitement des ordures, en passant par l'immobilier.
Selon Luigi de Magistris, la Camorra s'oppose à son projet de révolution environnementale qui prévoit un ramassage porte à porte, le recyclage massif des ordures et la fermeture progressive des décharges à ciel ouvert, un plan qui porterait un coup sérieux à une activité traditionnelle de la mafia.
 
Issu du parti Italie des valeurs (opposition de gauche), le maire a aussi accusé le chef du gouvernement Silvio Berlusconi d'avoir abandonné à son sort la grande ville du sud de l'Italie.
Le risque d'une crise sanitaire a incité le président italien Giorgio Napolitano à monter au créneau et à demander une intervention urgente du gouvernement.
 
Luigi de Magistris a les mains liées car dans le système local, le ramassage des ordures est du ressort de la ville mais la gestion des décharges est confiée aux départements qui, dans le cas de Naples et sa périphérie, sont pour la plupart aux mains de la droite de Silvio Berlusconi.
 


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