Implants PIP: Jean-Claude Mas interpellé

Le 26 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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L’ancien directeur de la société Poly Implant Prothèse (PIP), Jean-Claude Mas, à l’origine du scandale des prothèses mammaires, a été interpellé aujourd’hui 26 janvier dans le Var et placé en garde à vue, sur commission rogatoire de la juge d'instruction Annaïck Le Goff du pôle Santé du parquet.

Cette arrestation s'est produite dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en décembre par le parquet de Marseille pour homicide et blessures involontaires, a expliqué Jacques Dallest, procureur de la République de Marseille, ajoutant que la garde à vue pouvait durer jusqu'à 48 heures. Selon une source proche de l'enquête, cet homme de 72 ans a été interpellé au domicile de sa compagne, sur les hauteurs de Six-Fours-les-Plages, par les gendarmes de la section de recherches de Marseille et l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et la santé publique (Oclaesp).

Le procureur a également confirmé l'interpellation de Claude Couty, ancien directeur financier, devenu directeur général, puis président du directoire de PIP. Des perquisitions ont été effectuées au cours de la matinée, en particulier dans la villa de la compagne de Jean-Claude Mas, afin de saisir d'éventuelles pièces à conviction, a précisé Jacques Dallest. Jean-Claude Mas, qui n'a pas fait d'apparition publique depuis que le scandale a éclaté, a fondé PIP en 1991, entreprise dont le siège était à La Seyne-sur-Mer et qui est en faillite depuis 2010. Il a admis avoir produit un gel de silicone non homologué mais il a réfuté tout danger. Philippe Courtois, avocat de l'association des Porteuses de prothèses PIP (PPP), s'est félicité de l'interpellation de l’ancien directeur. «C'est la mise en marche normale qui aurait pu être faite depuis le début de l'année. Rien ne l'empêchait aujourd'hui de quitter le territoire, il ne se sentait pas inquiété par la justice», a-t-il souligné.

A ce jour, plus de 2.500 plaintes ont été reçues. Alexandra Blachère, présidente de l'association PPP, doit se rendre le 27 janvier chez la juge. Une autre plaignante, Murielle Ajello, présidente du Mouvement de défense des femmes porteuses d'implants et de prothèses (MDFPIP), devait être entendue dès aujourd’hui. Mais dans cette affaire, un autre volet judiciaire, consacré à l'aspect tromperie aggravée, a été ouvert. Une enquête préliminaire, close depuis octobre 2011, devrait donner lieu à un procès correctionnel d'ici fin 2012. C'est dans ce cadre que Jean-Claude Mas et Claude Couty ont déjà été entendus.

TÜV, l'organisme allemand de certification des prothèses mammaires PIP également mis en cause dans ce scandale, se dit pour sa part victime d'une fraude extrêmement bien organisée, selon son avocat. «Lors des audits, tout était maquillé. Une vraie mise en scène ! Sur la chaîne de fabrication, le silicone industriel non conforme était provisoirement remplacé par du gel médical homologué. Le système informatique était trafiqué pour que seules des commandes et factures de matières premières (gel Nusil) conformes apparaissent, comme l'a reconnu lors de l'enquête l'informaticien de PIP. Les bidons de silicone industriel étaient, eux, dissimulés», raconte Me Olivier Gutkès au Figaro, dans un article publié aujourd’hui.

«Le plan de l'audit et sa date étaient communiqués à l'avance, comme cela est la règle, afin que le fabricant puisse préparer la documentation nécessaire, que la ligne de production soit en fonctionnement et que les interlocuteurs soient disponibles» poursuit-il en soulignant que les auditeurs n'ont pas un rôle de gendarmes. «TÜV n'a pas eu de soupçons car la grande majorité des salariés de PIP (97 personnes en mars 2010) savaient qu'une fraude était commise et y ont participé activement en dissimulant tout ce qui aurait pu alerter les auditeurs. Ils ne semblaient pas vivre dans la terreur de Jean-Claude Mas. Mais on peut également s'interroger sur la relative passivité des chirurgiens utilisant les prothèses PIP», ajoute-t-il. Avant de compléter : «Jusqu'en 2010, seules quelques dizaines de cas de rupture d'implants sont déclarées à l'Afssaps (agence des produits de santé). Cela paraît bien peu. Or, le système de contrôle ne peut fonctionner que si les médecins alertent l'Afssaps car, pour le reste, il repose sur la responsabilité du fabricant et sur sa bonne foi. Face à une fraude organisée, l'audit de certification est impuissant».

Outre les actions intentées à son encontre en France, notamment des distributeurs de PIP, TÜV Rheinland a fait l'objet d'une première plainte au pénal en Allemagne au nom d'une patiente.

 

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http://www.journaldelenvironnement.net/article/implants-mammaires-le-feuilleton-continue,26938

http://www.journaldelenvironnement.net/article/mais-qui-etait-responsable-du-controle-des-protheses-pip,26829



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