Implants mammaires: le feuilleton continue

Le 09 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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L’ancien directeur de la société Poly Implant Prothèse (PIP), à l’origine du scandale des prothèses mammaires, a admis avoir produit un gel de silicone non homologué, issu d’une formule maison à partir de matériaux provenant des distributeurs Brenntag et Gache et destinés à l’industrie. Il a également reconnu avoir tout fait pour dissimuler la vérité à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) comme à la TÜV, l’organisme certificateur allemand (voir JDLE).

«Je savais que ce n’était pas homologué, mais je l’ai fait sciemment car le gel PIP était moins cher (…) et de meilleure qualité», a précisé Jean-Claude Mas dans un procès-verbal recueilli par la police le 13 octobre dernier et rapporté par Le Figaro.

Quant au directeur technique de l’entreprise, Thierry Brinon, également interrogé par la police, il a avoué que «le coût du gel PIP représente 1,65 euro par implant alors qu’il est de 11,55 € pour le gel Nusil -celui mentionné par l’entreprise varoise pour obtenir la certification CE». Avec 100.000 implants fabriqués chaque année, l’entreprise aurait gagné ainsi 1 M€ par an. Mais en 2009, le taux de rupture des prothèses PIP est passé de 30 à 40%, selon un des anciens responsables de la société, et les procès aux Etats-Unis et en Grande Bretagne ont commencé.

Jean-Claude Mas a admis que, dès 1993, soit deux ans après la création de la société, il «donne l’ordre de dissimuler la vérité» à la TÜV. Et selon le directeur technique, dès 2001, 75% des implants étaient remplis avec du gel PIP, 25% seulement avec du Nusil.

Comment duper l’organisme certificateur? «TÜV annonce sa visite 10 jours avant… C’était de la routine, je donne l’ordre de dissimuler tous les documents ayant trait au gel PIP non homologué et, concernant les containers, les employés se débrouillaient pour les faire disparaitre», explique l’homme de 72 ans, avant d’ajouter: «On l’a fait pendant 13 ans sans aucun problème

Ce matin 9 janvier, le ministre de la santé intervenant sur France Inter, a déclaré en évoquant les matériels médicaux que «les contrôles doivent intervenir sans prévenir, dans les lieux d'implantation ou les cabinets, de façon à être sûr que ce qui va être implanté bénéficie du même contrôle qu'à l'usine». Avant de rajouter: «Il faudra qu'il y ait aussi plus de contrôleurs. Ils ne sont même pas une dizaine aujourd'hui sur les dispositifs médicaux».

Xavier Bertrand a également suggéré un suivi des patients différent: «Il faudra un suivi pour savoir comment ils (les patients, ndlr) réagissent aux dispositifs médicaux qui ont été implantés». Mais le ministre n'a donné aucun calendrier pour toutes ces demandes.

En outre, le ministre de la santé a confié au directeur général de la santé, Jean-Yves Grall, et au patron de l'Afssaps le soin de lui remettre un rapport pour l’éclairer sur tous les dysfonctionnements survenus dans l'affaire des prothèses mammaires. Le rapport devra lui être remis d'ici la fin janvier.



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