Impact des OGM: «désaccord» scientifique à l’Efsa

Le 15 juin 2009 par Sabine Casalonga
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Pour la première fois, deux scientifiques de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) ont émis des réserves sur l’innocuité des plantes transgéniques contenant des gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques (GMRA), comme la pomme de terre Amflora commercialisée par le groupe allemand BASF. Ces opinions minoritaires n’ont toutefois pas été prises en compte dans l’avis final de l’Efsa, publié mercredi 11 juin.

A la demande de la Commission européenne, l'Efsa a consulté deux groupes d'experts scientifiques sur l’utilisation des GMRA dans des plantes génétiquement modifiées (GM), l’un sur les OGM qui n'a rien trouvé à redire, et l'autre sur les «risques biologiques».

Les scientifiques du second groupe ont conclu que «lors de l’utilisation de plantes GM, il est peu probable que le transfert des deux GMRA à partir de plantes GM vers des bactéries engendre des effets indésirables sur la santé humaine et sur l’environnement». Toutefois, deux membres du groupe ont exprimé un avis s’opposant à ces conclusions. Christophe Ngyuen-Thé et Ivar Vagholm, ont estimé qu'il serait «imprudent» de relativiser des effets négatifs sur la santé, et jugé «probable» des conséquences de la culture OGM sur l'environnement par dissémination, rapporte l’AFP.

Malgré cela, les présidents des deux groupes ont indiqué que les opinions minoritaires avaient longuement été examinées lors de la préparation de l’avis commun, et qu’aucun travail scientifique ou clarification supplémentaires n’étaient requis. L’Efsa a également conclu «qu'aucune nouvelle preuve scientifique n'avait été apportée qui pourrait l’inviter à modifier ses avis précédents concernant ces plantes GM».

La Commission européenne s'est refusée à tout commentaire sur ce désaccord au sein de la communauté scientifique. Le groupe BASF a affirmé à l’AFP que «l'évaluation rendue par l'Efsa permettait à la Commission d'approuver Amflora». Le gouvernement allemand a donné son feu vert en avril à un essai de culture en plein champ de l’Amflora, en attendant une autorisation européenne.

Greenpeace souligne que «pour la première fois un désaccord apparaît au sein de l'Efsa sur les risques liés aux semences génétiquement modifiées». «Nous saluons cette opinion sans précédent et la reconnaissance du manque de certitudes au sein de la communauté scientifique sur les semences génétiquement modifiées», a déclaré Marco Contiero conseiller politique de Greenpeace.

L'Amflora est une semence de pomme de terre conçue pour être renforcée en amylopectine, un composant de l'amidon utilisé par l'industrie pour fabriquer des textiles, du béton ou du papier.


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