Il y a quelque chose d’énergétique au royaume du Danemark

Le 27 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les éoliennes produiront la moitié de l'électricité danoise.
Les éoliennes produiront la moitié de l'électricité danoise.

Copenhague lance une nouvelle politique énergétique. Au menu: abandon des hydrocarbures, efficacité énergétique, énergies renouvelables. Un exemple à suivre.

Indépendance énergétique, création d’emplois, réduction des émissions de gaz à effet de serre. Est-ce là, la devise du parc électronucléaire français? Que nenni. Il s’agit plutôt du triptyque de la nouvelle politique énergétique danoise, qui a été adoptée le 23 mars par le parlement.

Comme l’Allemagne avant lui, le Danemark a choisi de durcir ses objectifs à atteindre, notamment en matière d’énergie renouvelables et d’efficacité énergétique. Laissant loin derrière les 3x20% du paquet Energie-climat de 2008, l’accord voté en fin de semaine dernière prévoit que 35% de l’énergie qui sera consommée par le royaume nordique soient d’origine renouvelable en 2020 (contre 20% pour 26 autres pays de l’UE). A cette échéance, la moitié de l’électricité sera produite par des éoliennes. Autre point important: Copenhague impose aux Danois de réduire de 12% leur demande d’énergie finale en 2020 (par rapport à 2006). Anticipant ainsi sur l’entrée en vigueur de la future directive sur l’efficacité énergétique, prévue pour le début de l’année prochaine.

Comment procéder?

Les énergéticiens danois vont devoir, vraisemblablement grâce à un dispositif comparable à celui des certificats d’économie d’énergie, aider leurs clients à réduire leur consommation. Par rapport à 2012, ils devront doubler leurs efforts financiers en la matière.

Pour doubler la part de l’électricité issue du vent, le Danemark va mettre en service 3.300 mégawatts de capacité d’ici 2020, en mer et à terre. Soit presque autant que la capacité éolienne déjà installée. Des crédits publics (17 millions d’euros) seront, par ailleurs, engagés pour développer de nouvelles énergies renouvelables, notamment marines.

Les centrales électriques et les grandes chaudières collectives fonctionnant au charbon seront converties pour ne plus consommer que des énergies renouvelables (biomasse, biogaz) ou des déchets ménagers. Pas moins de 5 M€ seront consacrés au développement de centrales à géothermie et de grosses pompes à chaleur.

Dans les logements neufs, il sera interdit, dès l’an prochain, d’installer des chaudières à fioul et à gaz. Cette interdiction prendra effet à partir de 2016 dans les logements anciens situés dans des zones desservies par le chauffage urbain. Le gouvernement prévoit un budget de 5,6 M€ pour faciliter, pour les particuliers, le passage des hydrocarbures aux renouvelables. Tous les logements seront, par ailleurs, équipés de compteurs d’énergie communicants, dotés d’un écran permettant d’afficher la consommation en temps réel.

L’industrie ne sera pas laissée de côté: 67 M€ par an de crédits publics seront alloués aux entreprises qui investiront dans l’efficacité énergétique et les énergies «vertes».

Copenhague entend aussi lancer un plan de soutien aux véhicules peu ou pas carbonés. Le gouvernement réfléchit à la mise en place d’une aide à l’achat de véhicules sobres. Environ 10 M€ seront affectés à la construction de stations de recharge en hydrogène, pour les voitures dotées d’une pile à combustible, et au gaz pour les camions.

Comment financer?

Evidemment, le coût de cette transition énergétique ne sera pas nul. Les tarifs d’utilisation des réseaux électriques devraient être revus à la hausse, ainsi que les différentes taxes frappant la consommation d’énergie.

 



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