Il va faire bon vivre en Scandinavie

Le 02 février 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'économie touristique de l'Europe du Sud devrait pâtir des changements climatiques.
L'économie touristique de l'Europe du Sud devrait pâtir des changements climatiques.

Des climatologues ont évalué les conséquences environnementales, économiques et sanitaires des changements climatiques en Europe.

 

Longtemps, l’adaptation aux conséquences des changements climatiques a été le parent pauvre des négociations et des politiques nationales. Doucement, les choses évoluent. Après avoir lancé une concertation [ JDLE] en décembre 2009, la France doit publier, courant mai, son plan national d’adaptation. Un programme qui devra être décliné, au niveau local, dans les schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie, prévus par la loi Grenelle II et dans les plans Climat-énergie territoriaux [ JDLE].

 

Outre-Manche, l’administration britannique prépare, elle aussi, son programme national, en demandant notamment aux services publics et aux grandes entreprises d’identifier les risques climatiques menaçant leurs activités et de proposer des mesures [ JDLE].

 

A l’international, le dossier avance également. A l’issue du sommet de Copenhague, en décembre 2009, les Etats les plus industrialisé ont convenu de consacrer 100 milliards de dollars (72,49 milliards d’euros) par an, à partir de 2020, pour aider les nations les plus démunies à s’adapter au nouveau contexte climatique.

 

De leur côté, les auteurs du 5e rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec) (à paraître en 2013) devaient étoffer le tome II, consacré à l’adaptation, et aussi développer les prévisions d’impact à l’échelle régionale.

 

Car c’est bien là l’une des difficultés qui se posent aux responsables : comment définir une politique d’adaptation en absence de scénario régional ?

 

Dirigée par Juan-Carlos Ciscar (institut d’études de prospective technologique de Séville), une équipe internationale s’est ingéniée à évaluer les impacts physiques et économiques des changements climatiques dans l’Europe de 2080.

 

Publiée dans la dernière édition des Annales de l’Académie des sciences américaine ( Pnas, selon l’acronyme anglais), l’ étude s’est focalisée sur les impacts sur la santé humaine, l’agriculture, le tourisme, les zones côtières et les inondations.  

 

Quatre scénarios de montée de la température moyenne européenne ont été pris en compte : de 2,5°C à 5,4°C.

 

Première des « découvertes » : le climat ne réagira pas uniformément de la même façon sur l’ensemble du Vieux monde. Si l’augmentation de la température moyenne reste inférieure à 4°C d’ici 2080, ce sont les régions nordiques qui se réchaufferont le plus. Mais si le mercure est pris d’un plus grand coup de folie, c’est dans le sud de l’Europe centrale et dans le sud de l’Europe que les calories se déverseront principalement.

 

L’agriculture de cette même Europe du Sud apparaît particulièrement vulnérable. C’est dans cette région que les diminutions des précipitations seront les plus importantes : jusqu’à -28 %. Soit l’exact inverse de ce qui est supposé se passer en Europe du Nord.

 

Globalement, les rendements agricoles ne devraient pas évoluer de façon significative : une hausse de 2,5°C permettrait d’accroître de 3 % la production européenne ; une élévation de 5,4°C de la température verrait baisser ces mêmes productions d’une dizaine de pourcents.

 

A cette loterie, la Scandinavie sera la grande gagnante. Plus il fera chaud, plus sa productivité agricole sera importante. Ses gains sont évalués entre +36 et + 52 %.

 

Dans toutes les régions et dans tous les cas de figure, les inondations devraient provoquer de plus en plus de dégâts, sauf en Europe du Nord, où le phénomène ira en diminuant.

 

La distribution des saisons devrait fortement évoluer d’ici 2080. Le printemps et l’automne devraient se prolonger, notamment en Europe du Nord. Une Scandinavie où il fera bon aussi de passer l’été, contrairement à l’Europe du Sud, où il fera trop chaud pour se prélasser sur les plages. Conséquence : les industries touristiques espagnoles, grecques ou italiennes devront revoir leur modèle économique pour subsister.

 

Sur le plan sanitaire, les auteurs ont juste évalué la mortalité imputable aux grands froids et aux chaleurs caniculaires. Moins rigoureux, les hivers tueront moins. A contrario, les étés pourraient provoquer, chaque année, de 60.000 à 165.000 décès de plus que ceux observés durant les dernières décennies du XXe siècle.

 

Preuve qu’il faudra bien s’adapter, les chercheurs ont aussi évalué l’impact économique d’un changement immédiat du climat. Dans le cas où la température augmenterait soudainement de 2,5°C, en moyenne, le PIB européen diminuerait d’une vingtaine de milliards d’euros par an. Négligeable.



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