Il n’y aura pas de nouvelle ourse en Béarn

Le 06 juin 2011 par Célia Fontaine
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Aucune ourse slovène ne viendra finalement tenir compagnie aux deux mâles qui survivent en Béarn (Pyrénées Atlantiques), a décidé le gouvernement le 3 juin malgré une promesse faite l’été dernier (dans le JDLE).
 
Le conseil permanent du comité national de la protection de la nature était pourtant d’accord, tout comme semblait l’être le ministère en charge de l’écologie. Mais selon les associations qui défendent le plantigrade, ce serait le président de la République qui aurait tranché.
 
Il s’agit d’une décision «aberrante» et «lourde d’impacts sur la biodiversité», estime le WWF dans un communiqué. L’ONG rappelle que le bilan de la réintroduction des ours bruns dans les Pyrénées est positif et que la sauvegarde de l’espèce s’intègre tout naturellement dans la stratégie nationale pour la biodiversité lancée le 19 mai dernier (dans le JDLE).
 
Officiellement, cette décision serait liée à la sécheresse. Les éleveurs, déjà éprouvés par les conditions météorologiques, ne devraient pas subir le risque de voir leurs brebis attaquées. L’argument ne tient pas, selon les associations, qui rappellent que les dégâts causés par les ours sont limités. «Grâce aux mesures de protection des troupeaux, les pertes globales sont même plus réduites qu’avant 1996», souligne le WWF. D’autre part, le système mis en place permet d’indemniser raisonnablement chaque éleveur victime d’une attaque (pour une brebis tuée, le berger recevra 300 euros d’indemnisation).
 
Le retour de l’ours dans cette région comporte des avantages, comme celui de mobiliser d’importants moyens pour moderniser les conditions de vie et de travail des bergers en montagne. Cette espèce étant déclarée «en voie d’extinction» et «prioritaire» en Europe par la directive Habitat dont la France est signataire, elle suscite l’intérêt de nombreux passionnés de nature. D’où un intéressant potentiel touristique.
 
Il s’agirait donc, selon les associations, d’une décision politique, dictée par des intérêts électoralistes (pression de lobbies, intérêts électoraux locaux…).
 
 «L’Etat renonce à sauver la population d’ours brun des Pyrénées, trop faible pour pouvoir se maintenir sur le long terme sans apport de sang neuf», constate Nature Midi-Pyrénées. «Sa disparition pourrait donc compliquer la survie des exploitations de montagne», considère l’association.


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