«Il n’y a pas que le PIB dans la vie»

Le 21 janvier 2015 par Stéphanie Senet
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La proposition de loi déposée par la députée Eva Sas a été adoptée par la commission des finances de l'Assemblée
La proposition de loi déposée par la députée Eva Sas a été adoptée par la commission des finances de l'Assemblée

Pour la première fois dans l’histoire parlementaire, la commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté, ce 21 janvier, une proposition de loi écologiste visant à établir de nouveaux indicateurs de richesse.

 

L’idée n’est certes pas nouvelle. Dès 2004, la Commission européenne annonce qu’elle compte lancer un indice environnemental aux côtés du PIB. Sans pour autant passer à l’acte. Cinq ans plus tard, en France, le rapport Stiglitz[1] recommande de trouver un nouvel indicateur qui mette davantage l’accent sur le bien-être de la population et sur la «soutenabilité» de l’activité économique. Une mission que compte remplir l’indice de richesse globale, créé par les Nations unies en juin 2012, à l’occasion du sommet Rio+20. Ce 21 janvier, le collectif des Economistes atterrés redemande, dans son Nouveau manifeste, «un indicateur compensant les manques du PIB en intégrant la production non marchande des administrations et le respect des équilibres sociaux et écologiques»

Mais c’est la députée écologiste de l’Essonne Eva Sas qui vient d’inscrire le débat dans la sphère politique hexagonale. «Le PIB ne représente qu’un objectif intermédiaire. Nos objectifs premiers sont l’emploi, la réduction des inégalités, la qualité de vie et la protection de notre environnement», explique-t-elle. Sa deuxième proposition de loi, déposée le 14 octobre 2014 à l’Assemblée nationale, a été adoptée ce 21 janvier par la commission des finances. Elle vise à «la prise en compte de nouveaux indicateurs de richesse dans la définition des politiques publiques».

Débat en séance plénière le 29 janvier

Selon son article unique, le gouvernement devra, chaque année en octobre, remettre au Parlement un rapport sur l’évolution d’indicateurs de qualité de vie et de développement durable. Il devra aussi fournir une évaluation quantitative et qualitative de l’impact des principales réformes réalisées ou envisagées, notamment dans le cadre de la loi de finances, au regard de ces indicateurs et de l’évolution du PIB. Soutenue par le gouvernement, cette proposition devrait être adoptée en séance plénière, à l’Assemblée, le 29 janvier prochain.

De tels indicateurs ont déjà été mis en place au Royaume-Uni, en Belgique et en Allemagne.



[1] Du nom de l’un de ses auteurs, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie

L’étude contestable d’Oxfam sur les inégalités
Publiée le 19 janvier, et largement médiatisée, une étude d’Oxfam réalisée à partir de données du Crédit suisse, révèle qu’1% des personnes les plus fortunées possèderont en 2016 la moitié des richesses mondiales. Si le fossé se creuse incontestablement entre les plus pauvres et les plus riches de la planète, l’étude de l’ONG n’en est pas moins faussée. C’est l’économiste Alexandre Delaigue qui a levé le lièvre sur son blog. Les données étant basées sur le patrimoine net, c’est-à-dire sur les actifs d’une personne moins ses dettes, elles donnent lieu à quelques aberrations. Selon cette méthodologie, un étudiant américain à Harvard, fortement endetté, s’avère plus pauvre qu’un réfugié syrien cherchant à survivre dans les montagnes libanaises. Cherchez l’erreur.


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