Il n’y a pas de panacée climatique

Le 28 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Des techniques de refroidissement moins efficaces que prévu
Des techniques de refroidissement moins efficaces que prévu

Dans l’état actuel des connaissances, il ne faut pas compter sur la capacité de la géo-ingénierie pour contrebalancer le réchauffement. C’est l’une des conclusions que l’on peut tirer à la lecture des résultats de trois programmes de recherche britanniques, publiés en début de semaine.

Depuis plusieurs années, physiciens, climatologues, mais aussi sociologues et philosophes cherchent à évaluer l’efficacité de ces technologies de «refroidissement» du réchauffement, de contrôle du rayonnement solaire ou d’extraction du CO2 de l’atmosphère.

 

Refroidir les nuages

Tout a commencé en 2009, avec la publication d’un rapport de la Royal Society montrant les avantages (une certaine capacité à refroidir le climat) et les inconvénients potentiels (dommages régionaux, inaction sur les émissions ou l’acidification) de concepts technologiques: sulfatage de l’atmosphère pour refroidir les températures, réémission vers l’espace d’une partie de l’énergie solaire, blanchiment des nuages pour accroître l’albédo du globe, fertilisation de l’océan, etc.

Dans la foulée, les universités de Leeds, d’Oxford et de Bristol ont initié trois programmes de recherches: IAGP, pour évaluer la pertinence technique des solutions proposées; SPICE, pour valider le concept de sulfatage de l’atmosphère (comme le ferait une grosse éruption volcanique) et CGG pour étudier la gouvernance de projets de géo-ingénierie.

 

Une efficacité modérée

Lundi 24 novembre, c’est encore une fois à la Royal Society que les scientifiques ont rendu leurs premières conclusions. Les techniques de refroidissement de l’atmosphère sont moins efficaces qu’on ne le pensait. Les simulations réalisées sur des modèles informatiques montrent qu’elles ne rafraichissent pas le climat partout. Très efficaces au pôle Sud, le long des côtes des continents, dans certaines régions des Amérique, elles ne sont, en revanche, d’aucune utilité pour le continent euro-asiatique.

Pis, elles pourraient bouleverser le régime des précipitations au-dessus de l’Afrique, de l’Australie, de l’Europe du Nord, du centre de l’Amérique du Sud et de l’Asie centrale. Autre sujet d’inquiétude: l’effet climatiseur, dont l’ampleur est difficile à évaluer, est de courte durée. «Aucune des solutions testées n’a permis de conserver très longtemps un niveau de températures comparable à celui observé entre 1986 et 2005», indique une note publiée par l’IAGP.

L’opinion publique n’a pas été oubliée. Plusieurs petites conférences de consensus ont été organisées dans des villes du Royaume, comme cela a été fait sur d’autres sujets clivants, tels les OGM ou les nanotechnologies. Les Britanniques ne débordent pas d’enthousiasme à l’idée de manipuler (une fois de plus) le climat. Si la réduction des émissions des gaz à effet de serre reste leur mode d’action favori, ils préfèrent, dans l’absolu, capter le CO2 atmosphérique (grâce à des arbres artificiels ou à des efflorescences algales) plutôt que de déployer des miroirs spatiaux pour renvoyer dans le cosmos une partie de l’énergie solaire.

Les conclusions des chercheurs britanniques rejoignent celles des rédacteurs du dernier rapport du Giec[1]. En France, l’atelier Réagir avait estimé qu’il fallait poursuivre la recherche, en particulier sur les potentiels, les risques, la faisabilité et les contingences politiques ou éthiques de certaines techniques.



[1] Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

 



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