Identifier les métiers de la biodiversité pour les développer

Le 13 septembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La France doit stopper la perte de biodiversité. On est loin du compte, estime Allain Bougrain Dubourg.
La France doit stopper la perte de biodiversité. On est loin du compte, estime Allain Bougrain Dubourg.
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Le CESE doit adopter, mercredi 14 septembre, un avis sur la contribution des emplois de la biodiversité à la transition écologique. Allain Bougrain-Dubourg, son rapporteur, nous en présente les grandes lignes.

Quelle idée a motivé la rédaction de cet avis?

Nous voulions évaluer la contribution à la transition écologique des métiers liés à la biodiversité. Et d’autre part, identifier les potentialités de création d’emploi. Ou comment lutter contre le chômage tout en protégeant la biodiversité. Une biodiversité qui souffre terriblement, si l’on en croit les conclusions du dernier congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

 

La biodiversité, ça fait travailler beaucoup de monde?

En ratifiant le protocole de Nagoya, la France s’est engagée à stopper la perte de diversité biologique. On est loin du compte. Et cela se vérifie sur le terrain. La gestion de réserves ou la restauration de biotopes emploient 22.000 personnes, auxquelles on peut ajouter 6.000 enseignants. Il y aussi un second cercle, représenté par les métiers liés à la connaissance: 48.000 personnes. En France, donc, 76.000 personnes œuvrent à la préservation de la biodiversité. Elles sont 4 fois plus nombreuses, si l’on ajoute les emplois verts.

 

Les potentialités de développement sont importantes?

Sans doute, mais il est difficile d’être plus précis. Ces métiers sont mal identifiés. Ils ne bénéficient pas, par exemple, d’accord de branche. L’Atelier technique des espaces naturels (Aten) avait commencé ce travail de recensement qu’il faut poursuivre. Cela pourrait être l’une des premières missions de la future Agence française de la biodiversité. Les régions ont aussi un rôle à jouer. Par exemple, en faisant de la lutte contre le déclin de la biodiversité l’un des axes de leur schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). Le problème est que certaines d’entre elles, comme le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Auvergne-Rhône-Alpes ou Provence-Alpes-Côte d’Azur ont plutôt fait le choix inverse.

 
Prévu par les dernières lois de décentralisation, le SRDEII est l’opportunité de définir les grandes orientations du développement d’une région, notamment en matière d’aide et de conseil aux entreprises (création, développement, reprise, internationalisation, investissement immobilier, innovation) et de préciser les orientations relatives à l’attractivité régionale.

 

Quid des entreprises?

Beaucoup ont voulu jouer le jeu. Mais elles n’ont bénéficié d’aucun avantage, d’aucune visibilité. Cela n’est pas très incitatif. Il faut y remédier. On pourrait aussi développer la formation initiale en biodiversité de certaines professions, je pense en particulier aux architectes et aux urbanistes. D’ailleurs, ce dernier travail pourrait être réalisé, en partie, par des ONG.

 

Quelle va être la suite de la publication de l’avis?

Dès la fin du vote, les choses sérieuses vont commencer. Et notamment le lobbying. Nous irons porter la bonne parole auprès de l’Association des régions de France (ARF), du Sénat, de l’Assemblée nationale. En espérant que nos recommandations soient reprises lors de la campagne présidentielle.

 



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