ICPE, une nouvelle réglementation sur la foudre

Le 08 décembre 2004 par Christine Sévillano
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foudre
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Un nouvel arrêté doit sortir au début de l'an prochain afin de préciser les obligations des ICPE en matière de protection contre la foudre. Plus de 20% des installations ne disposent pas encore de système de protection alors que selon une enquête de l'Ineris une sur quatre a subi les conséquences de ce phénomène électrique sur cinq ans. Qualifoudre devrait donner un coup de pouce aux exploitants réticents.

Les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) vont devoir en 2005 répondre à des obligations plus précises en termes de protection contre la foudre. Un arrêté est attendu sur le sujet. Il vient préciser l'arrêté du 28 janvier 1993 qui les oblige à se munir de systèmes de protection contre la foudre. La mise en conformité devait être faite en 1999 mais une enquête de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) de 2002 avait montré une insuffisance des exploitations équipées. Plus de 20% des ICPE ne possédaient pas des systèmes adéquats. Le nouvel arrêté devrait venir préciser les études à mener notamment l'étude technique du système de protection à mettre en place souvent insuffisante voire absente de l'étude préalable. La nouvelle réglementation exigera une analyse du risque "foudre" qui doit prendre en compte une évaluation des risques de dommages et une étude technique du système de protection. «Ce nouveau texte apporte des précisions nécessaires. L'ancien arrêté n'était pas assez explicite sur les éléments à prendre en compte», explique Bertrand Lefort, directeur général d'Indelec, société de services de protection contre la foudre (15 millions d'euros de chiffre d'affaires).

Les techniques de protection sont surtout les paratonnerres et les parafoudres, des filtres qui se fixent sur les divers réseaux électriques et électroniques. Ces parafoudres dissipent les surtensions dans la terre. «Les principes des équipements de protection sont les mêmes pour les ICPE que pour les autres types de bâtiments. Le problème réside dans les oublis des exploitants. Ils omettent de protéger certains canaux d'entrée dans lesquels la foudre peut s'immiscer. C'est le cas notamment des équipements plus spécifiques à leur activité comme par exemple un système de mesure des rejets polluants pour une industrie utilisant des substances chimiques», poursuit Bertrand Lefort. Autant de particularités qui ont poussé l'Ineris à créer un label de qualité des entreprises qui interviennent en matière de foudre, "Qualifoudre". Il doit garantir la qualité des prestations de quatre types d'activités: les analyses de risques, les études techniques des systèmes de protection, l'installation des équipements et la vérification initiale et périodique. La liste des professionnels agréés sera connue au début de l'année prochaine. «Les clients et les entreprises y trouveront chacun leur compte. Le premier trouvera une prestation de qualité. Quant aux gens du métier, Qualifoudre assurera la solidité et la pérennité des sociétés sérieuses», affirme Bertrand Lefort.

La foudre peut entraîner de graves conséquences environnementales. L'impact direct d'un éclair sur une installation fragile peut entraîner un dommage sur la structure. Le coup au but, comme il est appelé, provoque souvent des inflammations dans les ICPE de stockage de substances inflammables ou des feux de joints, ces pièces qui encerclent les couvercles des cuves d'hydrocarbures. D'autres effets sont constatés à proximité du point d'impact de la foudre. Un phénomène électromagnétique peut engendrer des courants parasites et endommager les circuits électroniques. Ainsi les sondes de mesures des ICPE peuvent être altérées, voire être mises hors service. Selon l'étude de l'Ineris, sur les cinq dernières années précédent l'enquête, plus de 25% des exploitants d'installations interrogés ont été frappés par la foudre. 5% de l'ensemble du panel ont même été touchés une fois par an et 2,5% d'entre eux plusieurs fois par an. Il ne s'agit donc pas d'un risque faible. Les dégâts ont surtout affecté les installations électriques à hauteur de 80%. Les toitures ont été atteintes dans une moindre proportion (1,2%). Pour le reste, ce sont d'autres matériels plus spécifiques qui ont été touchés ou tout simplement des cheminées.

Ces dernières années, le métier de protection de la foudre a beaucoup avancé sur la résistance et la conductibilité des semi-conducteurs qui composent les parafoudres. Les systèmes ont également été améliorés grâce à une meilleure connaissance du développement de la foudre.




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